Eurovision 2026 : cinq pays boycottent Vienne en raison de la présence d’Israël

À la veille de la première demi-finale à Vienne, le boycott de l’Eurovision atteint un niveau inédit depuis celui de 1978. L’Espagne, l’Irlande et la Slovénie iront jusqu’à ne pas diffuser le concours sur leurs antennes publiques.

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Eurovision 2026 : cinq pays boycottent Vienne en raison de la présence d’Israël
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Les groupes audiovisuels publics de l’Espagne (RTVE), de l’Irlande (RTE) et de la Slovénie (RTV) ont annoncé mardi 11 mai qu’ils ne diffuseraient pas le Concours Eurovision de la chanson 2026, dont la première demi-finale se tient ce soir à Vienne et la finale le samedi 16 mai. Ces trois diffuseurs rejoignent ainsi ceux de l’Islande et des Pays-Bas dans un boycott total de la 70e édition du concours, organisé à Vienne par l’Union européenne de radio-télévision (UER). Les cinq pays ont invoqué la décision de l’UER de maintenir la participation d’Israël en dépit du conflit armé en cours à Gaza depuis l’attaque du Hamas le 7 octobre 2023.

L’Espagne et l’Irlande font un pas supplémentaire par rapport à l’Islande et aux Pays-Bas, qui ont également retiré leur participation mais prévoient de diffuser le programme. RTVE va programmer à la place de la finale un numéro spécial de l’émission musicale « La Casa de la Musica », sans mentionner l’Eurovision dans sa communication. Ana Maria Bordas, directrice de la production des contenus de RTVE, a précisé que la date de diffusion avait « une signification particulière en Europe, c’est la Journée internationale du vivre-ensemble en paix ». RTE, la télévision publique irlandaise, a choisi de diffuser un épisode de la sitcom « Father Ted », dans lequel deux prêtres écrivent une chanson pour participer à un concours international. La chaîne slovène RTV avait annoncé dès dimanche sa programmation alternative : « Au lieu du cirque de l’Eurovision, le programme de la télévision publique sera placé sous le signe de la série thématique « Voix de Palestine » », selon un communiqué du groupe.

Ce retrait de cinq membres de l’UER constitue la fronde la plus large enregistrée depuis que plusieurs pays du bloc de l’Est avaient boycotté l’édition de 1978, dans un contexte de compétition politisée de guerre froide. L’appel à boycotter l’Eurovision 2026 avait été lancé début 2026 et relayé par plus de mille artistes et groupes, dont Peter Gabriel et Massive Attack, ainsi que par l’ONG Amnesty International. Une manifestation propalestinienne s’est tenue samedi à Vienne en marge de l’ouverture des festivités. Des contre-manifestations pro-israéliennes ont également été prévues, nécessitant selon les autorités autrichiennes la mobilisation de plusieurs centaines de policiers jusqu’à la finale.

Trente-cinq pays en lice à Vienne

Martin Green, directeur de l’Eurovision, s’est exprimé lors d’une conférence de presse à Vienne : « Cinq membres de notre famille manquent cette année, nous les aimons et nous espérons qu’ils reviendront. Nous ferons tout ce qui est en notre pouvoir pour trouver un moyen pour qu’ils reviennent. » L’UER n’a pas modifié sa position sur la participation israélienne.

Malgré le retrait des cinq membres, le concours réunit cette année 35 pays participants, un niveau légèrement inférieur à l’édition précédente. La candidate suisse Veronica Fusaro, avec son titre « Alice », participera à la seconde demi-finale jeudi. La Finlande est donnée grande favorite du concours par les parieurs. La finale est fixée au samedi 16 mai à Vienne.

Israël participe à l’Eurovision depuis 1973. Sa présence avait déjà suscité des controverses lors des éditions de 2019 (Jérusalem) et 2024 (Malmö), sans entraîner de retraits comparables à ceux de 2026.

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