Roman Polanski : enfance dans le ghetto, mère assassinée à Auschwitz

Le 14 août 2026, France 3 diffuse Once Upon a Time… in Hollywood, le film de Quentin Tarantino qui réécrit les derniers jours de Sharon Tate, épouse de Roman Polanski, assassinée le 9 août 1969 par des membres de la secte de Charles Manson. La programmation relance l’attention sur la trajectoire personnelle et artistique de Roman Polanski, dont la vie a été marquée bien avant ce drame par des violences et des pertes liées à la Seconde Guerre mondiale.

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Cinéma
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Dans le long métrage de Quentin Tarantino, Sharon Tate occupe une place centrale et Roman Polanski apparaît en toile de fond, comme le compagnon d’une actrice promise à un avenir brillant. Dans la réalité, la mort de Tate survient alors que le cinéaste se trouvait à Londres pour préparer un tournage. Le massacre perpétré à Cielo Drive a marqué durablement la mémoire collective et la vie personnelle de Polanski.

Né le 18 août 1933 à Paris sous le nom de Rajmund Roman Thierry Liebling, Roman Polanski grandit en France avant que ses parents ne reviennent en Pologne en 1937. L’invasion allemande deux ans plus tard entraîne l’enfermement de la famille dans le ghetto de Cracovie. La faim, la peur, les rafles et les exécutions deviennent le quotidien. Lorsque le ghetto est liquidé en 1943, son père est déporté à Mauthausen et sa mère, Bula Liebling, est envoyée à Auschwitz-Birkenau où elle est assassinée quelques mois plus tard. Polanski échappe à la déportation en étant caché par plusieurs familles polonaises, changeant régulièrement de refuge et vivant sous une fausse identité.

Une enfance traumatique qui irrigue une œuvre

Polanski lui-même a décrit l’impact de ces années sur sa perception du danger et de la survie : « La peur faisait partie de la vie quotidienne ». Ce vécu de l’enfance — l’absence maternelle, la menace permanente, la nécessité d’apprendre à se dissimuler — marque son regard et transparaît dans nombre de ses films. Sans raconter sa propre histoire de façon explicite, il instille dans ses récits la fragilité des repères, la violence sourde et l’enfermement psychologique.

Dans sa filmographie, cette tension revient régulièrement : on retrouve ces motifs dans Répulsion, Rosemary’s Baby, Le Locataire ou Le Pianiste. En 2002, Le Pianiste, inspiré de la vie de Władysław Szpilman, ramène explicitement le cinéaste vers l’univers des ghettos et de la persécution nazie ; plusieurs observateurs ont vu dans ce film une lecture rapprochée de son histoire personnelle. Polanski a reconnu y avoir compris intimement ce que traversait son héros.

Le meurtre de Sharon Tate en 1969 constitue un nouveau traumatisme dans une existence déjà marquée par la guerre et la perte. La relecture proposée par Quentin Tarantino, qui imagine une issue différente pour Tate dans Once Upon a Time… in Hollywood, rappelle la place centrale de cet événement dans la mémoire du XXe siècle tout en ramenant l’attention sur le parcours antérieur du réalisateur, de l’enfant caché dans le ghetto de Cracovie à la figure du cinéaste dont l’œuvre est traversée par la peur, la survie et la fragilité humaine.

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