Rika Zaraï : une carrière dans la médecine naturelle qui lui a valu des attaques

Ce 19 février 2026, Rika Zaraï aurait eu 88 ans. Disparue le 23 décembre 2020 à Paris, la chanteuse franco‑israélienne née Rika Gozman le 19 février 1938 à Jérusalem reste célèbre pour ses tubes populaires des années 1960 et 1970, mais aussi pour sa reconversion controversée comme promotrice de la médecine naturelle, qui a suscité un large débat public et des procédures judiciaires.

Le · MàJ le
Showbiz
99vues
Rika Zaraï : une carrière dans la médecine naturelle qui lui a valu des attaques
Publicité
3 min de lecture
Google News

Ce 19 février 2026, Rika Zaraï aurait eu 88 ans. Disparue le 23 décembre 2020 à Paris, la chanteuse franco‑israélienne née Rika Gozman le 19 février 1938 à Jérusalem reste célèbre pour ses tubes populaires des années 1960 et 1970, mais aussi pour sa reconversion controversée comme promotrice de la médecine naturelle, qui a suscité un large débat public et des procédures judiciaires.

Fille d’un père issu de la communauté juive d’Odessa et d’une mère originaire de Vologine, Rika grandit en Israël. Brillante élève, elle passe son baccalauréat à 17 ans puis effectue son service militaire où, selon les archives biographiques, elle travaille comme productrice musicale dans un ensemble militaire et chante dans la comédie musicale Cinq sur cinq. Formée au conservatoire de Jérusalem, elle obtient un premier prix de piano et rencontre Yohanan Zaraï, son pianiste, qui deviendra son mari.

Venue tenter sa chance en France à la fin des années 1950, elle débute dans les cabarets parisiens après avoir été sommé par Bruno Coquatrix, directeur de l’Olympia, d’apprendre le français. Repérée par Eddie Barclay, elle signe sur son label et, en 1961, assure la première partie de Jacques Brel à l’Olympia, ce qui lance sa carrière. Les années suivantes lui apportent des succès populaires comme Casatschok, Sans chemise, sans pantalon, Alors je chante ou Prague, ainsi qu’une popularisation de classiques israéliens tels que Hava Nagila et Yerushalayim shel zahav. En 1969, elle est victime d’un grave accident de la route qui la plonge six jours dans le coma, l’immobilise huit mois et nécessite trois années de convalescence.

Publicité

Le virage vers la médecine naturelle et les polémiques

Au début des années 1980, convaincue que sa guérison tient à des méthodes alternatives, Rika Zaraï se détourne progressivement de la scène. Après plus d’une décennie d’études autodidactes et pratiques de médecines non conventionnelles, elle publie en 1985 Ma médecine naturelle, rédigé avec l’auteur Dan Franck. L’ouvrage devient un succès commercial majeur, avec des ventes évaluées entre deux et trois millions d’exemplaires selon les comptes rendus de l’époque. Elle y promeut une approche globale incluant une alimentation riche en fruits et légumes crus, le végétarisme, l’usage de tisanes, d’argile et des bains de siège froids, et affirme notamment : « C’est la médecine naturelle qui m’a permis de marcher alors qu’on me croyait perdue à jamais ». Elle avance également des formules telles que « l’état pré‑cancéreux et cancéreux appelle au secours ail et betterave rouge » et évoque la possibilité pour un malade du sida de « redevenir séronégatif » grâce à des soins naturels.

Ces prises de position rencontrent un large écho populaire mais provoquent en même temps l’indignation d’une partie du monde médical. En 1986, elle crée la société Pronatura, dédiée à la commercialisation de plantes médicinales, ce qui entraîne des plaintes du Conseil national de l’Ordre des pharmaciens et de la Fédération des syndicats pharmaceutiques de France pour exercice illégal de la pharmacie. Mise en examen en 1989 avec son mari, elle fait l’objet d’une vaste couverture médiatique — Le Monde évoque un « système Zaraï » — et devient la cible de moqueries publiques et de sketches d’humoristes, étant parfois surnommée « Madame tisane ». Malgré quelque 80 000 lettres de soutien rapportées à l’époque, son entreprise finit par fermer et elle est finalement relaxée en 1994.

Atteinte d’un AVC en 2008, Rika Zaraï réapparaît en 2020 pour interpréter Prague lors de la Nuit de la déprime à Paris. Elle meurt le 23 décembre 2020 à l’âge de 82 ans.

Publicité

Articles liés

Merci pour votre lecture — publicité