République du Congo : Fitch Ratings maintient la note souveraine à CCC+ malgré des risques élevés
Le 20 février 2026, l’agence de notation Fitch Ratings a confirmé la note souveraine de la République du Congo à CCC+, assortie d’une note de recouvrement RR4, en indiquant un recours exceptionnel à une évaluation directe de la capacité de remboursement plutôt qu’à son modèle quantitatif standard — un choix qui met en lumière des difficultés persistantes de transparence budgétaire et de lisibilité des comptes publics congolais.

Le 20 février 2026, l’agence de notation Fitch Ratings a confirmé la note souveraine de la République du Congo à CCC+, assortie d’une note de recouvrement RR4, en indiquant un recours exceptionnel à une évaluation directe de la capacité de remboursement plutôt qu’à son modèle quantitatif standard — un choix qui met en lumière des difficultés persistantes de transparence budgétaire et de lisibilité des comptes publics congolais.
Fitch souligne des fragilités structurelles marquées par une gestion budgétaire tendue. Le pays avait entamé en 2024 une restructuration de dette impliquant des créanciers privés, un élément perçu comme défavorable par l’agence. À la fin 2025, les arriérés intérieurs envers le secteur privé sont estimés à 13 % du produit intérieur brut, tandis que les arriérés envers les créanciers officiels s’établissent à 1,6 % du PIB. Ces chiffres restent susceptibles d’évolution, un audit gouvernemental étant toujours en cours pour préciser l’étendue des retards.
Sur le plan des marchés, le Congo a renoué avec les investisseurs internationaux après près de deux décennies d’absence. En novembre et décembre 2025, deux émissions d’eurobonds ont permis de lever 930 millions de dollars, et une nouvelle émission de 700 millions de dollars a été réalisée en février 2026. Ces opérations ont visé à refinancer une partie de l’endettement existant et à repousser des échéances à compter de 2028.
Dette, besoins de financement et évolutions récentes
Malgré ces levées de capitaux, la trajectoire de la dette publique reste préoccupante. Fitch estime que le ratio d’endettement demeure supérieur à 87 % du PIB, sensiblement au-dessus de la médiane observée pour les pays de notation comparable. Les besoins bruts de financement pour l’année 2026 sont évalués à environ 12 % du PIB, un niveau élevé qui accentue la vulnérabilité face aux chocs de liquidité.
Les tensions sur la liquidité au sein de la Communauté économique et monétaire de l’Afrique centrale (CEMAC) compliquent en outre l’accès à des ressources de court terme sur les marchés régionaux. L’agence attire l’attention sur la nécessité pour Brazzaville de stabiliser ses flux financiers et d’améliorer la clarté des comptes publics afin de restaurer progressivement la confiance des créanciers.
Sur le plan macroéconomique, Fitch note toutefois des éléments susceptibles d’appuyer la croissance. Le démarrage de la production de gaz naturel liquéfié (GNL) par Eni Congo attendu en 2026 est projeté comme un facteur de soutien à la croissance économique, que l’agence chiffre entre 3 % et 4 % pour la période 2026-2027.
Parmi les opérations de gestion de la dette, le gouvernement congolais a annoncé le rachat partiel d’une obligation internationale échéant en 2032 pour un montant de 354 millions de dollars, réduisant l’encours de cette émission à 575 millions de dollars contre 930 millions de dollars initialement
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