RDC : l’Église catholique vent debout contre la modification de la Constitution

Face aux rumeurs d’une modification de la Constitution en République démocratique du Congo, la Conférence épiscopale nationale du Congo (Cenco) a pris position en appelant à la prudence. L’institution religieuse estime que lancer un tel chantier dans les conditions actuelles risquerait d’aggraver une situation déjà tendue.

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Politique
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RDC : l’Église catholique vent debout contre la modification de la Constitution
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Par l’intermédiaire de son secrétaire général, Donatien Nshole, l’épiscopat a rappelé que, même si la révision constitutionnelle est prévue par le texte de loi, elle n’apparaît pas opportune à ce stade. Selon la Cenco, il serait irresponsable d’entamer une telle entreprise alors que le pays traverse une crise sécuritaire préoccupante.

Les évêques mettent en garde contre les faux pas politiques susceptibles de transformer une démarche institutionnelle en prétexte à de nouvelles tensions. Ils appellent les acteurs publics à mesurer les conséquences potentielles d’une relance du débat constitutionnel, afin d’éviter toute escalade.

Pour la Conférence épiscopale, la priorité demeure le bien-être des populations et la préservation de la paix sociale : toute initiative politique perçue comme une menace pour la tranquillité collective ne saurait rester sans réaction de la part de l’Église catholique.

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L’urgence porte sur la dégradation sécuritaire, pas sur une révision constitutionnelle

Monseigneur Nshole a insisté sur le caractère immédiat du défi sécuritaire. Selon lui, c’est la détérioration de la sécurité qui exige une réponse rapide et concertée, et non l’ouverture d’un débat institutionnel qui pourrait détourner les efforts nécessaires à la stabilisation du pays.

Les évêques ont également mis en garde contre la confusion entre efforts de mise en œuvre d’un « pacte social » et un dialogue politique dont l’objectif serait de redistribuer les postes de pouvoir. À leurs yeux, ces deux démarches relèvent de logiques distinctes et ne doivent pas se substituer l’une à l’autre.

Le 24 mars 2026, une dizaine de militants d’opposition ont été arrêtés à Kinshasa alors qu’ils manifestaient contre toute tentative de modifier la Constitution. Ces évènements interviennent dans un contexte où certaines personnalités de la majorité évoquent publiquement la possibilité d’une révision permettant au président Félix Tshisekedi de briguer un troisième mandat, ce qui alimente les craintes et les tensions politiques.

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Au regard de ces éléments, la Cenco appelle les responsables politiques à recentrer leurs priorités sur la restauration de la sécurité et la protection des droits fondamentaux, en évitant les manœuvres susceptibles de fragiliser davantage la cohésion nationale.

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