RDC : le Lukasa, tablette traditionnelle des Baluba

Instrument de transmission du savoir, le Lukasa renvoie à des pratiques anciennes de l’Afrique centrale. Il est associé aux Baluba du Katanga, au centre de la République démocratique du Congo, et fait l’objet d’un reportage au musée de Lubumbashi où l’objet est conservé.

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RDC : le Lukasa, tablette traditionnelle des Baluba
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Instrument de transmission du savoir, le Lukasa renvoie à des pratiques anciennes de l’Afrique centrale. Il est associé aux Baluba du Katanga, au centre de la République démocratique du Congo, et fait l’objet d’un reportage au musée de Lubumbashi où l’objet est conservé.

Juste derrière une vitrine située à l’entrée d’une salle du musée, une petite pièce en bois passe presque inaperçue pour le visiteur. Jean Maisa, qui officie comme guide sur place, indique l’importance culturelle de cet artefact.

Selon le guide, le Lukasa tient le rôle d’un support mémoriel utilisé par les Baluba pour garder et transmettre des éléments complexes de leur culture et de leur pensée politique.

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Un objet multiple et codifié

La tablette exposée mesure environ 20 centimètres sur 13. Sa surface est parsemée de perles ; au milieu, une femme sculptée occupe le centre, entourée de motifs variés — une croix, un soleil, une maisonnette — ainsi que de lignes et de reliefs.

Florent Lukanda Lwa Malale, chercheur, figure parmi les trois derniers membres de la communauté baluba encore capables d’interpréter ces signes. Il explique que la fabrication combine sculpture et éléments ajoutés, comme des cauris et des perles de différentes couleurs, et qu’un nom traditionnel est attaché à certains exemplaires : « Lukasa lwa Kabemba », littéralement l’épervier.

La lecture et la détention du savoir contenu dans ces planchettes étaient réservées aux initiés d’une société secrète, les Bambudye. Cette institution assurait la conservation, la transmission et la sacralisation des principes politiques et historiques du peuple baluba.

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Pour devenir un véritable détenteur de ce savoir, appelé « Mbudye », il fallait suivre une initiation d’une durée minimale de sept ans. L’apprentissage portait sur la politique et la gestion du pouvoir, la morale, la géographie et l’histoire, et la maîtrise de ces connaissances servait aussi de critère pour désigner un chef parmi les princes, indique Florent Lukanda Lwa Malale.

La pratique s’est étiolée avec la période coloniale. Crispin Ngoy Lenge, président du groupe Mbudye de Lubumbashi, précise que les rituels d’initiation ne sont plus effectués et que le groupe s’est transformé en une formation à caractère folklorique qui maintient la culture à travers le chant et la danse.

Le dernier membre de la société secrète Mbudye est mort à Lubumbashi en 2005 sans avoir transmis le savoir du Lukasa aux générations actuelles, rapporte le chercheur Florent Lukanda wa Malale.

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