RDC : le gouvernement suspend des universités de Goma et Bukavu, l’AFC/M23 rejette la décision

Le gouvernement de la République démocratique du Congo (RDC) a suspendu, le 26 août, les activités de onze établissements d’enseignement supérieur publics de Goma et de Bukavu, dans l’est du pays, ainsi que les salaires de 48 agents accusés d’avoir prêté allégeance au mouvement rebelle AFC/M23, qui contrôle les deux villes depuis plus d’un an. Le mouvement a aussitôt qualifié cette décision de « nulle et de nul effet » et demandé aux établissements de poursuivre leurs cours, relançant la confrontation entre les deux autorités sur le contrôle de l’administration publique dans les territoires occupés.

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Politique
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RDC : le gouvernement suspend des universités de Goma et Bukavu, l’AFC/M23 rejette la décision
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Selon un arrêté signé par la ministre de l’Enseignement supérieur et universitaire, Marie-Thérèse Sombo Ayanne, les 48 agents suspendus – 28 professeurs, 12 chefs de travaux et 3 assistants – sont accusés d’avoir rejoint l’AFC/M23, de lui avoir prêté allégeance ou d’avoir accepté des fonctions sous son autorité. Une procédure de révocation a été engagée à leur encontre et leurs noms doivent être retirés des listes de paie.

Le gouvernement a par ailleurs demandé aux établissements situés hors des zones affectées d’accueillir les étudiants déplacés de Goma et de Bukavu, avec des dispositions particulières pour permettre aux étudiants en médecine d’achever leur cursus. Kinshasa présente cette réorganisation comme un moyen de continuer à exercer son autorité sur l’enseignement supérieur à distance, faute de pouvoir l’exercer directement sur le terrain.

L’AFC/M23 a rejeté ces mesures et affirmé qu’il prendrait en charge le personnel concerné, sans préciser ni le financement ni les modalités de cette prise en charge. Le mouvement a appelé les onze établissements à poursuivre normalement leurs activités.

Un accord de Doha encore inappliqué

La confrontation autour des universités illustre un problème plus large : l’absence, à ce stade, d’un accord sur la manière de restaurer l’autorité de l’État dans les zones occupées par l’AFC/M23. Signé en 2025, l’accord-cadre de Doha entre Kinshasa et le mouvement rebelle prévoit le rétablissement complet de l’autorité étatique dans les territoires concernés, mais les modalités pratiques – calendrier, acteurs chargés de la mise en œuvre, sort des agents publics restés en poste – restent à négocier entre les deux parties.

En attendant la conclusion de ce protocole, l’AFC/M23 continue d’exercer, dans les zones qu’il contrôle, plusieurs prérogatives normalement réservées à l’État : perception de taxes, gestion du foncier, mise en place de structures administratives et judiciaires propres. De son côté, Kinshasa cherche à maintenir un lien administratif avec les institutions publiques de l’Est, y compris via des mesures financières comme la suspension de salaires, sans disposer des moyens d’y faire appliquer directement ses décisions.

Les deux autorités continuent ainsi de donner des instructions concurrentes aux mêmes institutions, dans l’attente d’un accord définissant qui, de Kinshasa ou de l’AFC/M23, administre effectivement les services publics des territoires occupés de l’est de la RDC.

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