RDC : le cessez-le-feu annoncé à Luanda reste sans effet
Un cessez‑le‑feu entre Kinshasa et le mouvement armé connu sous le sigle AFC/M23 devait prendre effet à midi, mercredi 18 février 2026. L’annonce de cette trêve avait été faite neuf jours plus tôt, le 9 février, lors d’une rencontre organisée à Luanda.

Un cessez‑le‑feu entre Kinshasa et le mouvement armé connu sous le sigle AFC/M23 devait prendre effet à midi, mercredi 18 février 2026. L’annonce de cette trêve avait été faite neuf jours plus tôt, le 9 février, lors d’une rencontre organisée à Luanda.
La proclamation de la date revenait au président angolais João Lourenço, à l’issue d’échanges qui avaient réuni plusieurs acteurs régionaux et continentaux — dont le chef de l’État togolais Faure Gnassingbé, l’ancien président nigérian Olusegun Obasanjo, et le président congolais Félix Tshisekedi. Ces rendez‑vous visaient à trouver une voie pour calmer une fois encore les tensions dans l’est de la République démocratique du Congo.
Cependant, cette initiative s’inscrit dans une longue série d’efforts similaires qui n’ont pas produit de résultats durables. À neuf jours de l’entrée en vigueur annoncée, beaucoup observent avec prudence cette nouvelle tentative, rappelant que des engagements antérieurs ont souvent été rapidement remis en cause sur le terrain.
Au‑delà de la simple formalité horaire, la mise en œuvre d’une trêve repose sur des éléments concrets — contrôle des mouvements de troupes, mise en place de mécanismes de vérification et garanties de sécurité — qui butent régulièrement sur un déficit de confiance entre les parties impliquées.
Les freins à une application effective
Le principal obstacle demeure l’absence d’un climat de confiance susceptible d’empêcher la reprise des hostilités. Sans garanties crédibles et procédures claires pour surveiller le respect des engagements, les cessez‑le‑feu annoncés restent vulnérables aux violations ponctuelles ou aux malentendus tactiques.
Par ailleurs, les médiations successives — locales, régionales et continentales — montrent la difficulté à traduire des accords signés dans des forums diplomatiques en réalités sur le terrain. Les acteurs extérieurs peuvent faciliter la négociation d’un calendrier, mais l’application effective dépend des capacités et de la volonté des belligérants à en garantir l’exécution.
Enfin, la population civile, prise entre les lignes de front et souvent déplacée par les affrontements, demeure la première à subir les conséquences de ces oscillations entre promesses et réalités, alors que la sécurité et l’accès aux services essentiels restent fragiles dans les zones affectées.
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