RDC : l’AFC/M23 conteste à Genève les accusations de crimes d’un rapport de l’ONU
Un rapport des Nations unies rendu public à la fin de l’année 2025 attribue à l’ensemble des protagonistes du conflit dans l’est de la République démocratique du Congo des atteintes graves aux droits de l’homme et au droit international humanitaire, constatées depuis janvier 2025 dans les provinces du Nord‑Kivu et du Sud‑Kivu.

Un rapport des Nations unies rendu public à la fin de l’année 2025 attribue à l’ensemble des protagonistes du conflit dans l’est de la République démocratique du Congo des atteintes graves aux droits de l’homme et au droit international humanitaire, constatées depuis janvier 2025 dans les provinces du Nord‑Kivu et du Sud‑Kivu.
Les auteurs du document relèvent des exactions qui, selon leur analyse, pourraient relever de crimes de guerre et, pour certains faits, de crimes contre l’humanité. Ils ont recommandé que des investigations judiciaires soient engagées afin d’établir les responsabilités individuelles et, le cas échéant, de poursuivre les personnes mises en cause.
Face à ces conclusions, les différentes forces et mouvements impliqués ont multiplié les réactions pour défendre leur version des faits. Parmi eux, l’AFC/M23 a dépêché une délégation à Genève pour contester la teneur du rapport et présenter sa défense devant les acteurs internationaux.
La mission de cette formation coïncide avec la 61e session du Conseil des droits de l’homme, qui se tient du 23 février au 31 mars 2026 à Genève, où le sujet de la RDC figure parmi les points sensibles à l’ordre du jour.
Débat international et suites judiciaires
Le rapport onusien met en lumière un schéma de violences répétées et exhorte à la mise en place de mécanismes judiciaires pour que les allégations fassent l’objet d’enquêtes indépendantes. Les experts insistent sur la nécessité de collecter des preuves robustes et de garantir la protection des témoins pour permettre des poursuites crédibles.
Du côté des autorités et des groupes armés, la stratégie adoptée a été de rejeter certaines accusations et de pointer du doigt les responsabilités adverses. La présence des représentants de l’AFC/M23 à Genève s’inscrit dans ce registre : ils cherchent à influer sur l’opinion internationale et à obtenir un réexamen des éléments présentés par l’ONU.
Pour les ONG et plusieurs États observateurs, la publication tardive du rapport et ses recommandations posent la question de la rapidité des réponses judiciaires et politiques. Ils appellent les juridictions nationales et les instances internationales compétentes à se coordonner afin d’ouvrir des enquêtes impartiales et d’assurer que les éventuels responsables soient traduits devant la justice.
À Genève, les échanges entre délégations, experts et victimes doivent se poursuivre au long de la session, tandis que la possibilité d’actions pénales dépendra à la fois de la qualité des investigations et de la volonté politique des acteurs internationaux et nationaux impliqués.
Articles liés
Guinée : le parquet de Kankan ouvre une enquête après l’enlèvement de proches d’un ex-ministre
Russie et Ukraine : doivent échanger 500 prisonniers de guerre d’ici le 6 mars
Éthiopie : le gouvernement accusé par un haut-responsable du Tigré de se préparer à « lancer une guerre »
Portugal : le groupe Leya annonce le décès à 83 ans du romancier Antonio Lobo Antunes