RDC : Heineken cède sa filiale Bralima au mauricien Elna Holdings
Le groupe brassicole néerlandais Heineken a finalisé, le 10 avril à Amsterdam, la cession de sa filiale en République démocratique du Congo, Brasseries, Limonaderies et Malteries S.A. (Bralima), au groupe mauricien Elna Holdings Ltd. La transaction transfère l’ensemble des opérations locales à l’acquéreur tout en maintenant la présence commerciale des marques du brasseur sur un marché de plus de 100 millions d’habitants.

Selon le communiqué diffusé par Heineken, la cession inclut la reprise des activités de production, de distribution, des effectifs et des relations avec les partenaires locaux. Le groupe précise avoir conservé la propriété des marques et conclu des accords de licence à long terme permettant la poursuite de la commercialisation des références Heineken, Primus, Turbo King, Legend et Mützig en RDC.
Le transfert d’actifs intervient dans le cadre d’une stratégie de gestion active du portefeuille de Heineken et d’un virage vers un modèle dit « asset-light », visant à réduire l’intensité capitalistique de ses opérations internationales tout en assurant la continuité commerciale sur des marchés stratégiques.
Détails opérationnels, effectifs et contexte régional
Dans son annonce, Heineken indique que l’acquéreur assumera la responsabilité pleine et entière des opérations de Bralima : exploitation des brasseries, chaîne logistique, commercialisation et relations sociales. Bralima, créée en 1923, exploite trois sites de production situés à Kinshasa, Kisangani et Lubumbashi et emploie plus de 700 personnes, selon les informations communiquées.
Elna Holdings Ltd, société mauricienne retenue pour reprendre l’activité, a été choisie en raison de son ancrage régional et de capacités industrielles et logistiques jugées aptes à assurer la continuité d’exploitation. Le montage prévoit que les marques internationales restent la propriété de Heineken mais soient exploitées sous licence par le nouvel opérateur sur le territoire congolais.
Heineken insiste sur le maintien de l’approvisionnement et la préservation des emplois locaux comme objectifs déclarés de l’opération. La cession doit permettre au repreneur de gérer l’intégralité des flux opérationnels et commerciaux, tout en respectant les accords en cours avec les distributeurs et partenaires locaux.
Cette opération fait suite à un premier désengagement en novembre 2025, lorsque Heineken avait cédé sa brasserie de Bukavu à la société mauricienne Synergy Ventures Holding Ltd pour un euro symbolique. À l’époque, la décision avait été motivée par la perte de contrôle du site en lien avec des actions militaires du groupe armé M23 dans l’est de la RDC.
Selon les éléments rendus publics, la mesure visait à éviter une utilisation abusive des installations et à protéger les emplois dans un environnement devenu sécuritairement incompatible avec une gestion directe par Heineken. Avant la crise, la brasserie de Bukavu faisait vivre environ un millier de personnes, directement et indirectement
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