Ramadan 2026 en Afrique de l’Ouest : dates et traditions
Le Ramadan 2026 a été entamé le 18 février en Côte d’Ivoire et le 19 février au Sénégal, et se déroule actuellement. Dans des villes comme Abidjan, Dakar, Douala et Bamako, le rythme de vie s’est adapté au mois sacré.

Le Ramadan 2026 a été entamé le 18 février en Côte d’Ivoire et le 19 février au Sénégal, et se déroule actuellement. Dans des villes comme Abidjan, Dakar, Douala et Bamako, le rythme de vie s’est adapté au mois sacré.
En Côte d’Ivoire, le Conseil Supérieur des Imams (COSIM) et le Conseil des Associations et Organisations Islamiques (CODIS) ont indiqué que l’observation du croissant lunaire avait eu lieu dans la nuit du 17 au 18 février, annonçant le mercredi 18 février 2026 comme premier jour de jeûne.
Au Sénégal, la Conacoc (Communauté des Oulémas, Imams et Guides Religieux) a fixé le début du Ramadan au jeudi 19 février. L’écart d’une journée entre pays s’explique par les pratiques d’observation lunaire : certains États retiennent la visibilité locale du croissant, d’autres s’appuient sur des calculs astronomiques.
Calendrier, pratiques quotidiennes et aspects sociaux
Le mois devrait s’achever autour du 19-20 mars 2026, et l’Aïd el-Fitr est attendu aux environs du 20-21 mars selon les observations lunaires effectuées dans chaque pays.
Du lever (Fajr) au coucher du soleil (Maghrib), les fidèles s’abstiennent de manger, de boire et de fumer. En Côte d’Ivoire, les horaires de jeûne se situent approximativement entre 5h30-6h00 et 18h30-19h00 selon les jours, soit environ 12 à 13 heures quotidiennes.
Outre l’abstinence alimentaire, le mois se caractérise par une intensification des prières — notamment les Tarawih le soir —, une lecture accrue du Coran, la pratique de la Zakat et d’autres dons, ainsi qu’un renforcement des liens familiaux.
À la rupture du jeûne, les rues se remplissent, les familles se rassemblent autour des repas et les mosquées voient une affluence importante ; ces moments traduisent une forte visibilité de la solidarité sociale.
L’Iftar débute le plus souvent par des dattes et de l’eau, puis par une soupe.
En Côte d’Ivoire, le repas du soir comprend fréquemment un bouillon léger, des légumes et un plat principal tel que le riz au poisson, le placali ou le foutou banane accompagné d’une sauce, avec des sucreries et des boissons comme le jus de bissap, le gingembre ou le ditakh.
Au Sénégal, des mets emblématiques sont consommés pendant le mois : le thiéboudienne (riz au poisson) et le ngalakh (bouillie de mil au beurre de cacahuète et baobab). Le café Touba, parfumé au poivre djar, est souvent consommé au Suhur (repas avant l’aube).
Au Cameroun, dans les régions nordiques à forte population musulmane (Adamaoua, Nord, Extrême-Nord), le couscous de mil accompagné de viande de bœuf en sauce est courant. Dans les grandes villes comme Yaoundé et Douala, restaurants et vendeurs de rue adaptent leurs horaires aux heures de jeûne.
Dans la diaspora — en France, en Belgique, en Italie et au Canada —, les communautés musulmanes originaires d’Afrique observent le Ramadan avec une pratique comparable : les mosquées de Paris, Lyon ou Marseille affichent une forte fréquentation, des associations organisent des Iftars collectifs pour les plus démunis, et les envois d’argent vers les familles au pays augmentent pour permettre des repas plus copieux.
Les outils numériques ont modifié certains usages : diffusion en direct de mosquées sur YouTube, groupes WhatsApp pour les horaires de prière et partages de recettes sur TikTok contribuent à maintenir le lien avec le continent.
Pendant le mois, les inégalités sociales sont accentuées et des réponses collectives sont mises en place : des mosquées distribuent des repas aux nécessiteux, des associations lèvent des fonds pour acheter des vivres et des familles mieux disposées « parrainent » d’autres ménages afin d’éviter que quiconque rompe le jeûne faute de nourriture.
Dans des pays où une part importante de la population vit sous le seuil de pauvreté, cette solidarité annuelle a une portée concrète. Le Ramadan constitue ainsi, au-delà du rite religieux, une structure sociale qui rassemble des millions de personnes pendant trente jours.



