Présidentielle 2027 en France: Gabriel Attal entre en lice
L’ancien Premier ministre Gabriel Attal a annoncé ce vendredi 22 mai 2026 sa candidature à l’élection présidentielle française de 2027. « Je suis candidat à l’élection présidentielle pour débloquer l’avenir et faire en sorte que chaque génération vive mieux que la précédente », a-t-il déclaré.

L’ancien Premier ministre Gabriel Attal a officialisé vendredi 22 mai sa candidature à l’élection présidentielle de 2027, lors d’un déplacement à Mur-de-Barrez, commune rurale de l’Aveyron. « Parce que j’aime profondément la France et que j’aime profondément les Français, j’ai décidé d’être candidat à la présidence de la République », a-t-il déclaré devant les habitants du village, répondant à leurs questions dans un format questions-réponses.
Attal, né le 16 mars 1989, aura 38 ans au moment du scrutin, prévu au printemps 2027. Il secrétaire général du parti Renaissance depuis décembre 2024 et préside le groupe Renaissance à l’Assemblée nationale depuis septembre 2024. Il a occupé Matignon de janvier à septembre 2024, devenant à 34 ans le plus jeune chef de gouvernement de la Ve République et le premier Premier ministre ouvertement homosexuel de l’histoire de France.
Il est le second candidat du bloc central à se déclarer, après Édouard Philippe, qui a annoncé sa candidature en septembre 2024. Cette annonce ouvre une compétition directe entre deux anciens premiers ministres macronistes, aux profils distincts : Philippe, 55 ans, a fondé son propre parti, Horizons, et se positionne à droite du centre ; Attal, pur produit de l’appareil Renaissance, représente la continuité générationnelle du macronisme.
Dans son discours de Mur-de-Barrez, Attal a fixé comme horizon politique « la promesse de l’élévation — élévation individuelle pour que chacun en France se dise que ses enfants et petits-enfants auront une vie meilleure et une promesse d’élévation collective pour que notre pays redevienne la première puissance d’Europe ». Il n’a pas proposé de programme détaillé lors de cette première sortie officielle.
Une déclaration dans un contexte macroniste difficile
Emmanuel Macron, dont Attal est issu, ne peut se représenter en 2027 après deux mandats consécutifs. Sa cote de confiance s’établissait à 20 % dans le baromètre Elabe publié le 13 mai 2026 dans Les Echos, son plus bas niveau depuis plusieurs années. Cette impopularité constitue un paramètre stratégique pour les deux candidats du bloc central, contraints de se différencier d’un bilan qu’ils ont tous deux contribué à construire.
Les relations entre Attal et Macron se sont distendues depuis la dissolution de l’Assemblée nationale à l’été 2024, décision dans la confidence de laquelle le chef du gouvernement n’avait pas été associé. Attal s’est depuis affirmé à la tête du groupe parlementaire puis du parti, sans que Macron marque de préférence publique entre lui et Philippe.
Dans le dernier baromètre Ipsos bva-CESI publié en mai 2026 dans La Tribune Dimanche, Attal recueillait 24 % de taux de satisfaction en cas de victoire à la présidentielle, en progression de 5 points en un mois, soit la troisième position derrière Jordan Bardella (34 %) et Marine Le Pen (33 %). Édouard Philippe se situait à 22 %, en recul de 4 points.
Un champ de candidatures encore incomplet
Le Rassemblement national n’a pas encore désigné de candidat officiel pour 2027. Marine Le Pen, dont le procès en appel pour détournement de fonds européens est en cours, reste en tête des intentions de vote dans la majorité des sondages. Jordan Bardella est régulièrement cité comme alternative possible au sein du RN sans qu’une décision interne soit annoncée.
À gauche, Jean-Luc Mélenchon n’a pas formalisé de candidature. François Hollande, ancien président de la République, affiche des velléités de retour dans les sondages d’opinion. Du côté de la droite traditionnelle, Bruno Retailleau, ministre de l’Intérieur, est présenté par plusieurs enquêtes d’opinion comme le candidat naturel des Républicains, sans déclaration officielle à ce stade. Le premier tour de l’élection présidentielle est fixé au mois d’avril 2027.