Poisson : le Nigeria installe un comité pour transformer son déficit de 2,2 millions de tonnes en opportunité d’investissement
Le ministère nigérian de l’Économie marine et bleue a installé, jeudi 27 août 2026 à Abuja, un comité technique chargé de transformer en feuille de route opérationnelle les mesures destinées à combler le déficit de production de poisson du pays, estimé à 2,2 millions de tonnes par an. Le ministre Adegboyega Oyetola a fixé un délai de huit semaines à cette instance pour identifier les interventions prioritaires, les responsabilités institutionnelles, les échéances et les montages financiers nécessaires.

Selon les chiffres cités lors de l’installation du comité, la demande nationale annuelle de poisson atteint 3,6 millions de tonnes, tandis que la production domestique ne couvre qu’environ 1,4 million de tonnes, soit près de 39 % des besoins. Le reste est comblé par des importations, sur lesquelles le gouvernement souhaite réduire sa dépendance.
« Le Nigeria ne peut pas continuer à dépendre autant du poisson importé alors que le pays dispose des ressources et des capacités humaines pour développer sa production locale et renforcer sa sécurité alimentaire », a déclaré le ministre Adegboyega Oyetola lors de la cérémonie d’installation.
Le comité est présidé par la secrétaire permanente du ministère, Fatima Mahmood, et réunit des représentants d’universités, d’instituts de recherche, du secteur privé et de partenaires au développement. Sa mission n’est pas de créer une nouvelle politique, a précisé le ministre, mais de traduire en actions concrètes les recommandations issues d’une table ronde stratégique tenue en octobre 2025 sur l’avenir de la filière.
Des freins structurels à lever
Parmi les obstacles identifiés à l’expansion de la production locale figurent le coût élevé des aliments pour poissons, l’accès limité à des alevins de qualité, la faiblesse des infrastructures de chaîne du froid et le manque de financements abordables pour les producteurs. Le comité doit également se pencher sur les pertes après récolte et sur les lacunes en matière de développement des marchés.
Ouvrir la filière aux investisseurs
Au-delà des mesures techniques, le gouvernement nigérian entend présenter ce déficit comme une opportunité pour les investisseurs privés, en identifiant des mécanismes de financement et des créneaux d’investissement dans l’aquaculture et la pêche. Le comité doit remettre ses conclusions huit semaines après son installation, soit vers la fin du mois d’octobre 2026.
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