Ouganda : le pétrole national baptisé « Pearl Sweet » avant le lancement de la production commerciale
Le président ougandais Yoweri Museveni a dévoilé, le 2 septembre 2026, le nom commercial du brut national ougandais, baptisé « Pearl Sweet », lors d’une visite du site pétrolier de Kingfisher, dans le district de Kikuube, à quelques semaines du démarrage attendu de la première production commerciale de pétrole du pays d’Afrique de l’Est.

Le nom associe une référence au surnom historique de l’Ouganda, la « perle de l’Afrique », et l’adjectif « sweet », qui désigne la faible teneur en soufre du brut, un atout pour en faciliter le raffinage. Ce pétrole, de densité API comprise entre 28 et 31 degrés, présente aussi une composition cireuse qui nécessite un transport à température maintenue tout au long de son acheminement.
Sur le site de Kingfisher, opéré par la compagnie chinoise CNOOC Uganda Limited, l’installation centrale de traitement a atteint son achèvement mécanique le 24 août 2026 et affichait, début septembre, un taux de préparation de 98 % en vue du premier baril. Le projet, réalisé à environ 80 %, compte 22 puits forés sur les 31 prévus et doit produire jusqu’à 40 000 barils par jour à pleine capacité, avec un premier baril attendu d’ici la fin du mois de septembre 2026.
Le second grand chantier pétrolier du pays, Tilenga, mené par TotalEnergies EP Uganda dans le bassin du lac Albert et la zone des chutes Murchison, doit à terme produire environ 190 000 barils par jour. Fin juillet 2026, 236 des 420 puits prévus sur 29 emplacements avaient été forés, et le projet revendiquait la création de 34 021 emplois directs.
Des recettes budgétaires encore limitées
Combinées, les deux plateformes doivent porter la production pétrolière ougandaise à environ 230 000 barils par jour au pic. Pour l’exercice budgétaire 2026/2027, les autorités projettent des recettes pétrolières de 1 440 milliards de shillings ougandais, une somme qui ne représente qu’une fraction du budget national, fixé à 84 390 milliards de shillings.
L’évacuation du brut vers les marchés internationaux repose sur l’oléoduc chauffé Eacop, qui doit relier Kabaale, près de Hoima, au port tanzanien de Tanga sur une distance de 1 443 kilomètres. Ses travaux étaient achevés à 92,7 % au 1er septembre 2026. Conçu pour transporter jusqu’à 246 000 barils par jour, l’ouvrage implique un coût de transport estimé à environ 12,77 dollars par baril.
Une procédure judiciaire toujours pendante en France
En France, TotalEnergies reste visée par une action en justice engagée en juin 2023 devant le tribunal judiciaire de Paris par vingt-six habitants des zones concernées et cinq organisations, dont Les Amis de la Terre France, au nom de la loi sur le devoir de vigilance. Les plaignants dénoncent des atteintes aux droits humains et à l’environnement liées aux projets Tilenga et Eacop. En septembre 2025, le tribunal a ordonné à TotalEnergies de communiquer des documents internes sous astreinte, avant une audience sur le fond attendue en 2026.
TotalEnergies affirme de son côté avoir mis en place des mesures de prévention et de compensation sur les deux chantiers, tandis que les organisations plaignantes réclament des réparations pour les communautés affectées par ces infrastructures pétrolières.
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