Nigeria : Tinubu demande au Parlement un prêt de 516 millions de dollars pour un programme autoroutier
Le président nigérian Bola Ahmed Tinubu a formellement sollicité l’autorisation du Parlement pour contracter un emprunt extérieur de 516 millions de dollars destiné au lancement d’un vaste programme autoroutier, dont les premiers travaux cibleraient le corridor Sokoto–Badagry. La demande, qui comporte un montage financier impliquant une syndication pilotée par Deutsche Bank et une durée de remboursement annoncée à neuf ans avec une période de grâce pouvant atteindre trois ans, doit maintenant être examinée par les commissions parlementaires compétentes.

Long d’environ 1 000 kilomètres, le projet vise à relier Sokoto, dans le nord-ouest, à Badagry, sur la côte atlantique de l’État de Lagos. Le tracé traverserait plusieurs États fédérés et desservirait des zones agricoles importantes, des pôles commerciaux régionaux ainsi que des infrastructures portuaires stratégiques, selon les éléments transmis aux députés et sénateurs.
Les autorités mettent en avant des gains attendus sur le plan logistique : réduction des temps de transport, diminution des coûts pour les opérateurs et amélioration de la fluidité des échanges internes. Le corridor est également présenté comme un instrument pour faciliter l’acheminement des productions agricoles vers les grands marchés urbains et, de ce fait, contribuer à la sécurité alimentaire.
Montage financier, calendrier et enjeux parlementaires
Le financement recherché prend la forme d’un prêt syndiqué structuré, avec l’appui financier et technique de Deutsche Bank dans la mise en place de l’opération. Le document soumis au Parlement précise une maturité de neuf ans et prévoit une fenêtre de grâce pouvant aller jusqu’à trois ans avant le début du remboursement du capital et des intérêts.
La procédure requiert que les commissions parlementaires évaluent l’opportunité de ce nouvel endettement dans un contexte où la question de la soutenabilité de la dette publique demeure sensible au Nigeria. La demande présidentielle arrive alors que le gouvernement intensifie ses interventions dans les secteurs des transports, du ferroviaire et de l’énergie, jugés prioritaires pour stimuler la croissance économique.
Les promoteurs du projet soulignent que l’objectif dépasse la simple réalisation d’une infrastructure routière : il s’agit de favoriser une meilleure intégration économique entre le nord et le sud du pays et d’atténuer les déséquilibres causés par des déficits d’infrastructures dans certaines régions.
Le dossier transmis au Parlement comporte les éléments techniques et financiers tels que présentés par l’exécutif et attend l’avis des commissions saisies.
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