Nigeria : l’enquête sur la fausse agence d’investissement révèle plusieurs défaillances administratives

L’enquête ordonnée par le président Bola Ahmed Tinubu sur le faux Conseil présidentiel de promotion des investissements étrangers (PFIPC) met en évidence des documents falsifiés, deux autres structures fictives et de possibles complicités au sein de l’administration. Aucun financement public ne semble toutefois avoir été versé à l’agence frauduleuse.

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Nigeria : l’enquête sur la fausse agence d’investissement révèle plusieurs défaillances administratives
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Après plusieurs semaines d’investigations, l’agence nigériane chargée de la lutte contre la corruption affirme qu’Adeniyi Adeyemi Matthew n’a jamais été nommé par le gouvernement fédéral ni par une autre autorité publique. L’homme se présentait pourtant comme le responsable du Conseil présidentiel de promotion des investissements étrangers, une structure qui n’existait pas officiellement.

Le président de l’agence anticorruption, Musa Adamu Aliyu, a indiqué que l’enquête n’avait trouvé aucune trace d’une nomination officielle de celui qui se faisait appeler « Prince Adeniyi Adeyemi Matthew ». Son arrestation, ordonnée à la mi-juillet par la Haute Cour fédérale d’Abuja, pourrait désormais être suivie de poursuites judiciaires, conformément aux recommandations formulées dans le rapport préliminaire.

Une ligne budgétaire de 800 000 euros figurait bien dans la loi de finances nigériane pour 2026 afin de financer le fonctionnement du PFIPC. Selon les enquêteurs, aucun décaissement n’a cependant été effectué au profit de cette structure. Les investigations n’ont pas non plus établi, à ce stade, de transfert de fonds impliquant directement la présidence ou la Banque centrale du Nigeria.

Deux autres agences fictives identifiées

Les enquêteurs ont par ailleurs découvert deux autres entités présentées comme des agences publiques. Leur création aurait reposé sur des documents falsifiés, de même que l’ouverture et l’utilisation des comptes bancaires associés.

Le rapport attribue la mise en place de ce dispositif à une succession de défaillances au sein de plusieurs ministères et départements publics. Il évoque également la possible collusion de certains fonctionnaires, dont les responsabilités doivent encore être établies dans le cadre de la poursuite des investigations.

L’agence anticorruption recommande des sanctions contre les agents impliqués ainsi que des réformes administratives destinées à renforcer les contrôles sur la création des organismes publics, les nominations officielles et l’ouverture de comptes bancaires au nom de l’État.

L’enquête doit se poursuivre dans les prochaines semaines. Le rapport disponible ne constitue donc pas encore le bilan définitif de l’affaire, tandis que les suites judiciaires concernant Adeniyi Adeyemi Matthew dépendront des décisions des autorités compétentes.

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