Niger : le CCR tacle l’union européenne sur l’appel à libérer Bazoum

Le Conseil consultatif de la Refondation (CCR) a vivement condamné, mardi 16 mars 2026, la résolution adoptée le 12 mars par le Parlement européen appelant à la « libération immédiate » de l’ancien président Mohamed Bazoum, détenu depuis le coup d’État du 26 juillet 2023. Dans une déclaration publique lue en séance, le CCR qualifie cette décision d’ingérence dans les affaires intérieures du Niger et fait écho à la démarche diplomatique récente du gouvernement qui a convoqué la chargée d’affaires de l’Union européenne pour protester.

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Niger : le CCR tacle l’union européenne sur l’appel à libérer Bazoum
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Le communiqué, diffusé par le bureau de l’institution, énonce une « profonde indignation » face à ce qu’il considère comme une tentative de pression extérieure destinée à influer sur les choix souverains de Niamey. Le CCR, organe consultatif de la transition qui se présente comme une structure d’accompagnement politique, a rappelé que le Parlement européen « exige » la libération de Mohamed Bazoum et de son épouse, détenus au complexe présidentiel depuis la destitution du chef de l’État.

Les conseillers ont critiqué la « sélectivité » de la réaction européenne, jugeant que l’Union fait preuve d’une indignation à géométrie variable en s’immisçant dans la situation nigérienne tout en restant discrète sur d’autres crises internationales. Le CCR accuse par ailleurs certains acteurs extérieurs de considérer l’ancien président comme un « allié privilégié », au détriment, selon eux, de l’intérêt national et de la souveraineté populaire du Niger.

La diplomatie parlementaire en question

Sur le fond, le Conseil consultatif rejette la résolution adoptée à Strasbourg, estimant qu’elle porte atteinte aux principes du droit international relatifs au respect de la souveraineté des États. L’instance considère que l’initiative du Parlement européen est « contraire à toute éthique de la diplomatie parlementaire » et remet en cause tant la forme que le contenu de la prise de position européenne.

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Le CCR rappelle que, depuis le renversement du régime en juillet 2023, le Niger a engagé ce que ses membres qualifient de « processus irréversible de reconquête de sa souveraineté », formalisé notamment lors des Assises nationales tenues en février 2025. Selon la déclaration lue par le bureau, ce choix national, soutenu par une large partie des structures de la transition, ne saurait être renversé par des prescriptions émanant d’acteurs extérieurs.

Dans un ton résolument ferme, l’institution appelle les responsables européens à exercer « discernement » en se concentrant sur les enjeux internes à leur espace et non à se poser en arbitres des décisions prises par le peuple nigérien. Le communiqué appelle également « l’ensemble des filles et des fils de la Nation à une mobilisation totale, responsable et permanente en vue de la défense de la Patrie », et réaffirme son appui au gouvernement en place.

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