Niger: la mutinerie de Niamey ébranle la cohésion de l’armée

Niamey a connu une deuxième nuit calme dimanche 30 août, au lendemain d’une mutinerie déjouée au sein de l’armée nigérienne. Des soldats, en majorité issus des forces spéciales chargées de la lutte antijihadiste, ont pris pendant plusieurs heures le contrôle de la base aérienne 101, proche de l’aéroport international Diori-Hamani, avant d’être repoussés par les forces restées loyales au général Abdourahamane Tiani, épaulées par les combattants russes d’Africa Corps.

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Niger: la mutinerie de Niamey ébranle la cohésion de l’armée
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Selon une source diplomatique citée par l’Agence France-Presse, l’assaut a fait plusieurs morts parmi les mutins. Des dizaines de militaires ont été arrêtés, certains apparaissant menottés et blessés dans des images diffusées à la télévision nationale. La junte n’a communiqué aucun bilan officiel.

Les assaillants seraient arrivés de garnisons de l’intérieur du pays, notamment Ouallam, Téra et Dosso, dans le sud-ouest nigérien. Leurs motivations précises restent floues, mais plusieurs sources évoquent des frustrations accumulées face aux pertes subies dans la lutte contre les groupes jihadistes, qui multiplient les attaques dans cette région du Sahel.

Le ministre de la Défense, le général Salifou Mody, a assuré que les forces loyales avaient repris le contrôle de la situation. L’Alliance des États du Sahel (AES), qui réunit le Niger, le Mali et le Burkina Faso, a dénoncé une « trahison » et une tentative de déstabilisation.

Le général Tiani dénonce une « trahison »

Resté silencieux pendant plus de vingt-quatre heures, le chef de la junte au pouvoir depuis le coup d’État de juillet 2023 est demeuré absent du terrain, contrairement à son déplacement lors de l’attaque jihadiste contre l’aéroport de Niamey en juin dernier. Lorsqu’il s’est enfin exprimé, le général Tiani a dénoncé une « trahison » de la part des mutins, sans détailler les circonstances exactes des affrontements.

Craintes pour la cohésion de l’armée

Pour Mathias Hounkpé, politologue béninois et responsable de l’Institut électoral pour la démocratie en Afrique, ces affrontements laisseront des traces durables. « Ce qui s’est passé samedi laissera quelques séquelles, a-t-il expliqué à RFI. Une tentative de rébellion est toujours, ou généralement, suivie d’une purge ou de sanctions au sein de l’armée. La manière dont c’est géré peut accentuer les tensions. »

Il pointe aussi un risque opérationnel : « Cela peut affecter, ne serait-ce qu’à court terme, la capacité opérationnelle de l’armée, puisque vous avez désormais une armée où des corps ne sont pas complètement d’accord. » Le politologue appelle les autorités à traiter les causes profondes du mécontentement plutôt que la seule réponse sécuritaire.

Un rapprochement avec Alger mis en avant

Plutôt qu’une déclaration officielle détaillée sur la mutinerie, la télévision publique nigérienne a diffusé dimanche soir un reportage consacré aux relations entre le Niger et l’Algérie, deux pays qui se sont rapprochés ces derniers mois après des mois de tension. Alger a récemment livré du matériel militaire via deux avions cargo et fait survoler symboliquement des avions de chasse au-dessus de Niamey.

La force unifiée que le Niger, le Mali et le Burkina Faso disent avoir constituée au sein de l’Alliance des États du Sahel pour intervenir en cas d’attaque contre l’un des trois pays n’est, elle, pas intervenue durant les événements de samedi.

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