Namibie : la production d’étain augmente, mais sa transformation reste réalisée à l’étranger

La Namibie prévoit de porter de 46,6 % à 57 % la part de ses exportations minières transformées localement d’ici 2030. L’étain demeure toutefois en marge de cette stratégie, tandis qu’Andrada Mining continue d’envoyer la production de sa mine d’Uis vers un fondeur établi en Thaïlande.

Ousmane Traoré Samba
Ousmane Traoré Samba
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Economie
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Namibie : la production d’étain augmente, mais sa transformation reste réalisée à l’étranger
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La Namibie cherche à accroître la valeur ajoutée générée par son secteur minier, mais la filière de l’étain reste encore largement orientée vers l’exportation de minerai ou de concentré. Andrada Mining, qui exploite la mine d’Uis, a annoncé le 17 août avoir finalisé l’obtention de prêts d’un montant total de 98 millions de dollars namibiens, soit environ 6 millions de dollars.

Ce financement public doit soutenir les activités de l’entreprise et l’augmentation de sa production d’étain. Les informations disponibles ne précisent toutefois pas, dans le détail, la répartition des fonds ni le calendrier exact des investissements associés.

Une stratégie de transformation qui ne couvre pas encore l’étain

Le gouvernement namibien veut faire progresser la proportion des exportations minières ayant subi une transformation sur le territoire national. L’objectif fixé est de passer de 46,6 % actuellement à 57 % à l’horizon 2030.

Cette orientation vise notamment à réduire la dépendance du pays à l’exportation de matières premières brutes et à développer les activités industrielles liées à l’extraction minière. La transformation de l’étain ne constitue cependant pas une priorité immédiate de cette politique, selon les informations disponibles.

La mine d’Uis, considérée comme la principale exploitation d’étain de Namibie, continue ainsi d’expédier sa production vers un fondeur thaïlandais. Le pays ne dispose pas encore d’une capacité locale équivalente pour traiter ce métal à l’échelle industrielle.

Cette situation limite la part de valeur captée par l’économie namibienne après l’extraction. Elle expose également la filière aux coûts de transport, aux capacités des fonderies étrangères et aux fluctuations de la demande internationale.

Andrada mise sur l’augmentation de la production

Le financement obtenu par Andrada intervient alors que la société cherche à développer ses opérations à Uis. L’entreprise britannique s’appuie sur cette ancienne zone minière pour accroître progressivement sa production d’étain et structurer une activité industrielle autour du site.

L’octroi de prêts en dollars namibiens permet à la société de mobiliser des ressources dans le pays, mais il ne modifie pas, à ce stade, le lieu de transformation de la production. Le concentré issu de la mine doit toujours être traité en dehors de la Namibie.

Le montant de 98 millions de dollars namibiens représente environ 6 millions de dollars américains, selon le taux de conversion communiqué. Les modalités précises des prêts, notamment leur durée, leur coût et les éventuelles garanties associées, n’ont pas été détaillées dans les informations disponibles.

La stratégie namibienne de transformation locale pourrait donc, dans un premier temps, bénéficier davantage aux filières disposant déjà d’infrastructures adaptées. Pour l’étain, la construction ou l’installation d’une capacité de fusion locale nécessiterait des investissements supplémentaires, ainsi qu’un volume de production suffisant pour assurer la viabilité économique d’une telle activité.

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