Maroc : inquiétude des soutiens d’Ibtissame Lachgar pour sa santé
La famille d’Ibtissame « Betty » Lachgar, militante féministe incarcérée au Maroc, demande une intervention royale alors que son état de santé suscite de fortes inquiétudes. Condamnée à trente mois de prison pour « atteinte à l’islam », elle est détenue à la prison de Salé où ses proches affirment qu’elle a perdu l’usage d’un bras.

Selon les membres de son entourage, Lachgar, qui a survécu à un cancer des os plusieurs années auparavant, devait bénéficier d’une opération importante en septembre 2025, peu après son arrestation et sa mise en détention. Cette intervention, liée à une prothèse posée au niveau de l’humérus gauche, n’a pas eu lieu.
La soeur de la détenue, Siham Lachgar, décrit une détérioration rapide de la santé de Betty depuis son incarcération. Elle dénonce des conditions de couchage sommaires — deux couvertures faisant office de matelas — et redoute les conséquences pour une personne porteuse d’une prothèse au bras.
La famille espère une grâce, en particulier à l’occasion de l’Aïd el-Fitr marquant la fin du ramadan, et demande au minimum un aménagement de peine pour permettre l’accès aux soins requis.
« Sa santé s’est aggravée très vite »
Dans ses déclarations, Siham rappelle que sa soeur, en tant que survivante d’un cancer osseux, nécessitait une chirurgie liée à la prothèse de l’humérus. Privée de cet acte médical depuis son incarcération — et exposée à des conditions de détention qu’elle juge incompatibles avec son état — elle a vu sa situation se dégrader selon la famille.
L’avocate de Betty, Ghizlane Mamouni, affirme avoir sollicité à plusieurs reprises des mesures alternatives à l’enfermement, sans succès. Elle alerte sur le risque d’infection et évoque même la menace d’une amputation si la prise en charge médicale n’est pas assurée rapidement.
La militante, qui se dit athée, a été condamnée en appel en octobre 2025 pour des faits qualifiés d’« offense à l’islam » après la diffusion d’une photo jugée provocatrice. Cette décision a suscité l’indignation de collectifs féministes au Maroc, qui dénoncent une sanction disproportionnée envers une voix du mouvement pour les droits des femmes.
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