Madagascar : un nouveau gouvernement dans la continuité et sans la génération Z

Le 24 mars 2026, le palais présidentiel d’Iavoloha a accueilli la présentation du nouveau gouvernement annoncé par la présidence de la Refondation : un exécutif de 30 ministres dévoilé sans aucune présence de représentants de la génération Z parmi les têtes nommées.

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Madagascar : un nouveau gouvernement dans la continuité et sans la génération Z
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Le chef de l’État, Michaël Randrianirina, a clairement opté pour la continuité en maintenant à leur poste de nombreux membres de l’équipe sortante. Parmi eux, Fanirisoa Ernaivo conserve la garde des Sceaux malgré les reproches formulés par une partie de la jeunesse, qui lui imputent notamment un soutien envers l’homme d’affaires Koufali Daya, visé par des accusations de corruption. L’économiste-enseignant Herinjatovo Ramiarison est reconduit aux Finances, tandis que Hanitriniaina Razafimanantsoa reste en charge de la Refondation, missionnée pour piloter la concertation nationale à venir.

Au total, 17 ministres de l’ancien cabinet retrouvent un portefeuille dans la nouvelle configuration. Deux remplacements se distinguent : Christine Razanamahasoa quitte le quai d’Orsay pour laisser la place à Alice N’Diaye, diplomate de carrière, et le ministère de l’Énergie est attribué à Lucas Rabearimanga, spécialiste provenant de l’Office malgache des hydrocarbures (OMH).

Lors de la cérémonie, Michaël Randrianirina a insisté sur l’emploi de « nouvelles technologies » dans le processus de sélection des ministres, évoquant l’usage d’un détecteur de mensonges pour évaluer l’intégrité des candidats et prévenant qu’en cas de mise en cause pour corruption, la révocation serait immédiate. Il a par ailleurs ordonné au gouvernement dirigé par le Premier ministre Mamitiana Rajaonarison d’appliquer sans délai les recommandations de la Cour des comptes, après la publication, le 22 mars, d’audits pointant des dysfonctionnements dans la gestion des finances publiques sous l’ancien régime.

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Réactions et enjeux immédiats

Le choix de la continuité provoque une certaine déception parmi les jeunes mobilisés ces dernières semaines, qui espéraient une plus forte représentation de la génération Z dans l’exécutif. Les autorités, elles, avancent l’argument d’une transition prudente pour assurer la stabilité administrative et permettre le lancement rapide des chantiers prioritaires.

La nomination d’Alice N’Diaye aux Affaires étrangères est perçue comme un signal en faveur d’une diplomatie plus professionnelle, tandis que la désignation de Lucas Rabearimanga à l’Énergie vise à renforcer l’expertise technique dans un secteur stratégique pour l’économie malgache.

Sur le plan institutionnel, l’exigence faite au Premier ministre de mettre en œuvre les préconisations de la Cour des comptes place la reddition des comptes au cœur des attentes adressées au nouvel exécutif, au moment où la gestion des deniers publics fait l’objet d’un examen accru par l’opinion et les institutions nationales.

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