Madagascar : Michaël Randrianirina reçu au Kremlin puis à l’Élysée

Cinq jours après un entretien avec Vladimir Poutine au Kremlin, le président malgache Michaël Randrianirina a été invité à déjeuner à l’Élysée avec Emmanuel Macron. Ces rendez‑vous rapprochés dans deux capitales aux intérêts souvent antagonistes soulignent la méthode diplomatique que souhaite promouvoir le nouveau chef de l’État : une politique tournée vers le pragmatisme et le non‑alignement, selon ses propres déclarations, sans se résoudre à privilégier un camp plutôt qu’un autre.

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Madagascar : Michaël Randrianirina reçu au Kremlin puis à l’Élysée
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Cinq jours après un entretien avec Vladimir Poutine au Kremlin, le président malgache Michaël Randrianirina a été invité à déjeuner à l’Élysée avec Emmanuel Macron. Ces rendez‑vous rapprochés dans deux capitales aux intérêts souvent antagonistes soulignent la méthode diplomatique que souhaite promouvoir le nouveau chef de l’État : une politique tournée vers le pragmatisme et le non‑alignement, selon ses propres déclarations, sans se résoudre à privilégier un camp plutôt qu’un autre.

À Antananarivo, des observateurs rappellent pourtant que l’accueil chaleureux de Moscou n’est pas dépourvu d’enjeux stratégiques majeurs. La Russie voit dans l’île des atouts concrets — un accès à un port en eaux profondes, des réserves de ressources critiques (graphite, terres rares, uranium) et des opportunités pour développer des mécanismes financiers hors du contrôle occidental — qui dépassent de loin une simple relation bilatérale. Pour Madagascar, ces rapprochements comportent des risques : une possible réaction des États‑Unis et la menace d’être privé de certains avantages commerciaux, comme l’accès à l’AGOA, ce qui mettrait en péril des dizaines de milliers d’emplois dans le secteur du textile.

Le fait que le président malgache ait enchaîné, en moins d’une semaine, une visite à Moscou puis un déjeuner à Paris alimente des interprétations contrastées. Certains analystes voient dans cette stratégie une volonté claire de diversifier les partenariats et de sécuriser des appuis multiples ; d’autres y lisent un exercice d’équilibrisme exposant Madagascar aux pressions concurrentes des grandes puissances.

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Sur le plan intérieur, la montée en puissance de mouvements citoyens et de la génération Z incite à la prudence : des collectifs réclament davantage de transparence sur les accords conclus à l’étranger et demandent que soient publiés la nature et les contreparties des engagements pris au nom du pays. La crainte dominante est que la « diversification » diplomatique se traduise par des compromis mal définis, potentiellement contraignants pour l’avenir de l’île.

Moscou, Paris : deux étapes et des réponses différentes

Face à l’avancée russe, Paris mise sur ses atouts économiques et culturels pour reconquérir du terrain. La France, principal partenaire commercial de Madagascar, dispose d’un réseau d’entreprises bien implantées dans des secteurs variés (hydrocarbures, agro‑industrie, télécommunications, services financiers) qui assurent des échanges soutenus et des emplois locaux. C’est à partir de cet ancrage que les autorités françaises entendent opposer une offre de coopération plus structurée que celle proposée par d’autres puissances.

Sur le plan diplomatique, l’exécutif français cherche à renouveler ses relations avec les pays africains et à élargir son périmètre d’influence avant le sommet Afrique‑France programmé à Nairobi les 11 et 12 mai 2026. L’organisation de ce rendez‑vous dans un pays non francophone est revendiquée comme un signe de volonté de diversification, alors que la concurrence s’accroît — non seulement de la part de la Russie, mais aussi de la Chine, de la Turquie ou des Émirats — sur des terrains autrefois considérés comme le pré carré français.

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