Lyhanna : un site utilise son nom sans l’accord des parents pour récolter des pourboires
La mise en ligne d’un site utilisant le prénom et l’image de la fillette Lyhanna, accompagné d’un dispositif de collecte de fonds, suscite une vive polémique depuis plusieurs jours et provoque l’indignation en raison de l’absence apparente d’autorisation de la famille, alors que le nom de domaine aurait été déposé le 5 juin, jour de l’identification du corps.

Plusieurs parlementaires ont reçu des courriels les invitant à soutenir une proposition de loi transpartisane visant à renforcer la protection des enfants contre les violences sexuelles ; ces messages renvoient vers un site intitulé « lyhanna.fr » qui propose notamment d’allumer une bougie virtuelle, de contacter des institutions, de participer à des rassemblements devant des tribunaux et d’effectuer des dons via une plateforme de financement participatif.
Le nom de domaine, selon des informations relayées publiquement, aurait été enregistré le 5 juin, jour même où l’identification du corps de la jeune fille a été officialisée. La rapidité de la création du site et l’association du prénom de la victime à une campagne de mobilisation et de collecte ont ravivé l’émotion suscitée par l’affaire.
La famille n’aurait pas donné son accord
La mise en ligne et la promotion de ce site sont contestées en premier lieu parce que la famille de Lyhanna n’aurait pas autorisé l’utilisation du prénom et de l’image de l’enfant dans ce cadre. Plusieurs responsables politiques et internautes estiment que l’usage du nom d’une victime mineure pour un dispositif associant hommage et appel aux dons pose des questions éthiques et juridiques importantes.
La personne qui se présente comme la créatrice du site se décrit comme une simple citoyenne, sans affiliation politique et disposant de moyens financiers limités. Le site comporte toutefois un lien vers une plateforme de « pourboire » destinée à financer l’action présentée, ce qui alimente les interrogations sur les finalités et la transparence de la collecte.
Les réactions sont multiples : d’un côté, des courriels de sensibilisation adressés à des élus et la convocation virtuelle à des gestes commémoratifs ; de l’autre, des voix dénonçant l’exploitation médiatique et financière d’un fait divers encore très douloureux pour la famille et l’opinion publique. Le degré d’organisation de la campagne, mis en lumière par l’enregistrement précoce du nom de domaine, explique en partie l’émotion et la controverse.
Face à la situation, un député a saisi le procureur de la République pour demander un examen des conditions d’utilisation du nom et de l’image de la fillette ainsi que de l’existence d’un dispositif de collecte de fonds associé au site. L’élu souhaite déterminer si des règles relatives au respect de la mémoire de la victime, aux droits de la famille ou à la réglementation des recueils de dons ont pu être enfreintes.
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