Libye : assassinat de Saïf al-Islam Kadhafi, des intérêts étrangers évoqués

Saïf al-Islam Kadhafi a été tué par balle le mardi 3 février à l’âge de 53 ans, selon les informations disponibles. Le fils cadet de l’ancien dirigeant libyen Mouammar Kadhafi a été abattu à son domicile à Zintan, dans le nord-ouest de la Libye. Une enquête a été ouverte pour déterminer les circonstances de cet assassinat.

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Libye : assassinat de Saïf al-Islam Kadhafi, des intérêts étrangers évoqués
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Saïf al-Islam Kadhafi a été tué par balle le mardi 3 février à l’âge de 53 ans, selon les informations disponibles. Le fils cadet de l’ancien dirigeant libyen Mouammar Kadhafi a été abattu à son domicile à Zintan, dans le nord-ouest de la Libye. Une enquête a été ouverte pour déterminer les circonstances de cet assassinat.

RFI a obtenu des explications de Virginie Collombier, docteure en sciences politiques et professeure à l’université Luiss Guido Carli de Rome. Elle a été interrogée sur les éventuels bénéficiaires politiques de cette mort et sur ses conséquences pour le pays.

Collombier a indiqué que la disparition de Saïf al-Islam pourrait profiter à plusieurs acteurs politiques qui se positionnaient comme ses rivaux, mais aussi provoquer une nouvelle vague d’instabilité. Elle a cité, parmi ses principaux adversaires potentiels, les camps liés à Dabaiba et à Khalifa Haftar, ainsi que certains acteurs régionaux.

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Déclarations de Virginie Collombier

La chercheuse a rappelé que Saïf al-Islam se présentait comme un partisan de la réunification libyenne et cherchait à jouer la carte de la réconciliation nationale. Selon elle, cette posture pouvait être perçue comme une menace par les deux principaux centres de pouvoir, qui craignaient la naissance d’une troisième force susceptible de remettre en cause le partage des ressources et des positions.

Interrogée sur un possible lien avec d’autres décès récents, Collombier a mentionné la mort, survenue moins de trois semaines avant, de Mohamed Haddad, chef de l’armée de l’ouest libyen, ainsi que la disparition quelques mois plus tôt d’un autre responsable sécuritaire lors d’affrontements impliquant des groupes liés à Dabaiba. Elle a ajouté que ces événements alimentaient des soupçons d’assassinats politiques et faisaient naître des interrogations sur une volonté d’éliminer des figures susceptibles de rassembler.

Sur le calendrier, elle a souligné que l’assassinat survient alors que venait de débuter un dialogue structuré piloté par la représentante des Nations unies en Libye, initiative destinée à rassembler des acteurs aux positions variées afin d’aborder des questions constitutionnelles et institutionnelles. Collombier a estimé que ce meurtre pouvait être interprété comme une tentative de faire dérailler ce processus onusien, en rappelant la manière dont l’offensive de 2019 avait fait échouer une conférence nationale prévue.

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Concernant l’impact sur les élections en préparation, elle a affirmé que le rôle américain était moins central et que le risque principal était une perturbation du dialogue mené par l’ONU. Collombier a précisé que des acteurs liés à l’ancien régime pourraient se montrer réticents à poursuivre le processus, entraînant un retrait susceptible d’empêcher l’émergence d’un consensus national et d’accentuer la polarisation.

Enfin, face aux accusations dirigées contre la brigade 444 et des forces internationales ou régionales, Collombier a noté la prolifération d’hypothèses et le manque d’éléments clairs à ce stade. Elle a rappelé que des communiqués émanaient principalement des proches de Saïf al-Islam et de son bureau politique, et que la situation libyenne reste fortement imbriquée avec des intérêts régionaux et internationaux, rendant prématuré tout jugement définitif.

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