« Le travail n’est pas payé au Bénin, c’est la politique qui est payée », Kassa Mampo en fait la démonstration
Au Bénin, le travail n’est ni valorisé ni payé. Seule la politique est valorisée et payée. C’est du moins la triste conclusion à laquelle a abouti la Confédération des syndicats des travailleurs du Bénin.

Dans un tableau comparatif, la Confédération des syndicats des travailleurs du Bénin (CSTB) a mis en parallèle les rémunérations des hauts responsables politiques béninois avec le SMIG national, avant d’étendre l’analyse à la France. L’exercice, présenté par Kassa Mampo, révèle un écart salarial qui interroge profondément le modèle de valorisation du travail au Bénin.
Selon les chiffres avancés, un ministre béninois percevrait environ 8 millions de francs CFA par mois, soit 153 fois le SMIG béninois. À titre de comparaison, en France, la rémunération d’un ministre est estimée à 7 015 000 francs CFA, tandis que celle du Premier ministre s’élève à 10 520 000 francs CFA. Rapportés au SMIG français fixé à 969 462 francs CFA, ces montants représentent un ratio compris entre 7 et 10 fois le salaire minimum, très loin des proportions observées au Bénin.
Le déséquilibre apparaît tout aussi marqué du côté des parlementaires et des préfets. D’après la CSTB, les députés et préfets béninois gagneraient en moyenne 5 millions de francs CFA par mois, soit 96 fois le SMIG. En France, un député percevrait environ quatre fois le SMIG, un écart sans commune mesure avec la situation béninoise.
De cette comparaison, Kassa Mampo tire une conclusion sans détour : « le travail n’est pas payé au Bénin, c’est la politique qui est payée ». Une formule brutale, mais qui résume le malaise soulevé par ces chiffres. Derrière les montants, c’est la question de la hiérarchie des valeurs salariales qui est posée : que récompense réellement l’État béninois ? L’effort productif ou la fonction politique ?
Ce débat, relancé par la publication de ces données, dépasse la simple comparaison internationale. Il touche au contrat social, à la dignité du travail et à la crédibilité d’un système où le salaire minimum peine à couvrir les besoins essentiels, pendant que les sommets de l’appareil politique bénéficient de rémunérations sans rapport avec la réalité économique du pays.
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