Le Sénégal touché par une vague de chaleur exceptionnelle
Une vague de chaleur exceptionnelle touche le Sénégal, où des températures pouvant atteindre 45°C sont annoncées dans plusieurs régions de l’intérieur du pays entre le 6 et le 12 mai 2026, selon un bulletin relayé par SeneNews sur la base des prévisions de l’ANACIM. Les zones les plus exposées sont l’Est et le Sud, notamment les régions de Matam, Tambacounda, Kédougou et Kolda, où les maxima devraient osciller entre 43°C et 45°C.

Les autorités météorologiques et sanitaires mettent en garde contre des risques accrus de déshydratation, d’épuisement, de malaises, de crampes et de coups de chaleur, en particulier chez les enfants, les personnes âgées, les femmes enceintes, les malades chroniques et les travailleurs exposés en plein air. Les habitants de logements mal ventilés et des quartiers défavorisés sont également considérés comme très vulnérables lors de cet épisode caniculaire.
Les autorités appellent à une vigilance renforcée et à l’adoption de mesures préventives, telles que boire régulièrement de l’eau même sans sensation de soif, éviter les activités physiques et l’exposition directe au soleil aux heures les plus chaudes, porter des vêtements légers et clairs, et se rendre rapidement dans un centre de santé en cas de malaise. Aucun dispositif exceptionnel n’a toutefois été annoncé pour l’instant au niveau national, au‑delà de ces recommandations générales à la prudence.
Cette alerte intervient dans un contexte où l’ANACIM avait déjà prévenu, dès février, que les mois de mars, avril et mai 2026 seraient plus chauds que la normale, avec des pics possibles jusqu’à 46°C dans l’Est et le Sud‑Est du pays. Les littoraux, en particulier Dakar et les villes côtières, devraient être relativement épargnés par les températures extrêmes, avec des valeurs généralement comprises entre 26°C et 32°C, même si des épisodes ponctuels de forte chaleur restent possibles.
Des riques pour l’agriculture
Plusieurs travaux sur le Sénégal montrent que les chocs agro‑climatiques (sécheresses, fortes chaleurs, pluies irrégulières) accentuent l’insécurité alimentaire des ménages ruraux et raccourcissent ou intensifient les périodes de soudure. Une hausse durable des températures, comme celle observée ces dernières années, est associée à des baisses de revenus agricoles pouvant atteindre plusieurs dizaines de pourcents dans les scénarios les plus défavorables, ce qui fragilise les moyens de subsistance et la capacité des familles à investir dans leurs exploitations.
Selon les experts, la canicule actuelle aggrave des vulnérabilités déjà fortes de l’agriculture et de l’élevage sénégalais, surtout dans les régions intérieures (Matam, Tambacounda, Kédougou, Kolda) où se concentrent productions pluviales et cheptels.
Les vagues de chaleur extrême réduisent l’humidité des sols, accélèrent l’évaporation et peuvent brûler les feuilles, ce qui diminue les rendements, notamment pour le mil, le sorgho, le maïs et le riz pluvial très sensibles aux stress hydriques et thermiques. Des travaux sur le changement climatique au Sénégal estiment déjà que la hausse des températures et la baisse de la pluviométrie peuvent entraîner des reculs de rendement de 10 à 20% pour le mil et de 5 à 15% pour le sorgho, tendance qui se trouve aggravée lors d’épisodes caniculaires répétés.
Dans les zones où les cultures dépendent quasi exclusivement de la pluie, comme une grande partie de l’Est et du Sud, une canicule précoce ou prolongée peut compromettre les semis, « griller » les jeunes plants ou raccourcir la période de croissance utile, ce qui se traduit par des récoltes plus faibles et une insécurité alimentaire accrue pour les ménages ruraux. Les études montrent que plus de la moitié des ménages agricoles sénégalais tirent l’essentiel de leurs revenus de cette agriculture pluviale et sont fortement exposés à ces chocs agro‑climatiques.
Effets sur le bétail
Pour l’élevage, la canicule se traduit par une dégradation rapide des pâturages, un assèchement des points d’eau et une hausse des maladies liées au stress thermique. Des analyses sur la chaîne de valeur de la viande bovine au Sénégal montrent que les hausses de température et les sécheresses réduisent la quantité et la qualité de la biomasse fourragère, freinent la reproduction et peuvent augmenter la mortalité animale, surtout chez les jeunes et les animaux affaiblis.
Les troupeaux transhumants, très présents dans les régions de Matam et Tambacounda, doivent parcourir de plus longues distances pour trouver eau et pâturages, ce qui fatigue les animaux, les expose davantage aux maladies et accroît les risques de conflits d’usage autour des ressources naturelles. À terme, ces épisodes répétés de chaleur extrême pèsent sur la productivité laitière et bouchère et donc sur les revenus des éleveurs.
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