L’Aube Nouvelle : la version fongbè contestée devant la Cour constitutionnelle

La version en fongbè de « L’Aube Nouvelle », l’hymne national du Bénin, sera examinée par la Cour constitutionnelle lors de son audience plénière de vacation du jeudi 10 septembre 2026 à Cotonou. Le dossier, enregistré sous le numéro 1571/281/REC-24, a été introduit le 31 juillet 2024 par Thomas D. DAKPOGAN contre le garde des Sceaux, ministre de la Justice et de la Législation, ainsi que le gouvernement.

Christian Mbeumo
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L’Aube Nouvelle : la version fongbè contestée devant la Cour constitutionnelle
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Le rôle officiel présente l’objet de la procédure comme un « recours en inconstitutionnalité de la version fongbè de l’hymne national ». Il ne précise toutefois ni les passages contestés, ni les moyens constitutionnels invoqués par le requérant, ni l’origine exacte de la traduction visée. Aucune conclusion sur la validité ou l’invalidité de cette version ne peut donc être tirée avant l’examen du dossier par les juges constitutionnels.

Sur le plan institutionnel, le gouvernement présente « L’Aube Nouvelle » comme l’hymne national de la République du Bénin. L’hymne a été adopté à l’indépendance en 1960 et a été conservé lorsque le Dahomey est devenu la République populaire du Bénin en 1975, avec le remplacement dans les paroles des références à « Dahomey » et « Dahoméen » par « Bénin » et « Béninois ».

La page officielle du gouvernement consacrée à l’hymne reproduit aujourd’hui les paroles en français. Elle ne permet pas, à elle seule, d’identifier une version fongbè juridiquement reconnue comme traduction officielle. Cette déclinaison dans les langues nationales est aussi visible lors des cérémonies officielles : le 1er août 2026, L’Aube Nouvelle a notamment été interprétée en dendi, après des versions en fon et en adja lors de précédentes célébrations.

Quelle version en fongbè est réellement visée ?

L’Institut pédagogique d’étude et de développement de l’écrit en fongbè (IPEDEF) publie par exemple une traduction de « L’Aube Nouvelle » attribuée à Innocent KAGBOTEMI et au père Barthélémy ADOUKONOU. L’institut explique que cette adaptation en fongbè développe en six couplets le texte français qui en compte trois, tout en affirmant conserver son sens général.

Rien, dans le rôle d’audience rendu public par la Cour constitutionnelle, ne permet néanmoins d’affirmer que cette traduction précise est celle contestée par Thomas D. DAKPOGAN. Cette distinction est importante : le contentieux porte sur une « version fongbè » non davantage identifiée dans le document de mise au rôle.

La présence du dossier en plénière signifie que la Cour l’a inscrit à une audience de jugement ou d’examen en formation plénière. Le règlement intérieur de la juridiction prévoit qu’un dossier peut être instruit par une chambre de mise en état avant d’être présenté en plénière, mais permet aussi au président, selon la nature de l’affaire, de saisir directement la chambre des audiences plénières pour l’instruction. En l’absence d’un rôle antérieur retrouvé pour ce recours, il serait donc imprudent d’affirmer quel parcours procédural précis a précédé l’audience du 10 septembre.

L’audience est annoncée à 15 heures dans la salle des audiences publiques de la Cour constitutionnelle à Cotonou. Son inscription au rôle n’implique pas automatiquement qu’une décision définitive sera rendue le même jour.

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