Lamu face à Tanga, l’Ouganda au cœur de la nouvelle bataille pétrolière est-africaine

L’Afrique de l’Est multiplie les projets destinés à mieux valoriser ses ressources pétrolières et à limiter sa dépendance aux importations de produits raffinés. Entre Tanga, en Tanzanie, Lamu, au Kenya, et Hoima, en Ouganda, plusieurs corridors énergétiques se dessinent et pourraient redéfinir les flux pétroliers régionaux.

Ousmane Traoré Samba
Ousmane Traoré Samba
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Economie
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Lamu face à Tanga, l’Ouganda au cœur de la nouvelle bataille pétrolière est-africaine
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Le 6 août, la Tanzanie et l’Ouganda ont signé avec Vitol Bahrain un protocole d’accord pour développer le Tanga Regional Energy Hub. Évalué à plus de 20 milliards de dollars, le projet doit associer des infrastructures de raffinage, de stockage et d’exportation sur le littoral tanzanien.

Le Tanga Regional Energy Hub doit notamment comprendre une raffinerie, un terminal de stockage ainsi qu’un quai maritime. L’ensemble vise à constituer une plateforme intégrée capable de traiter, entreposer et acheminer des produits pétroliers depuis Tanga, port situé dans le nord-est de la Tanzanie.

La signature intervenue avec Vitol Bahrain reste, à ce stade, un protocole d’accord. Elle établit un cadre de coopération entre les parties, mais ne constitue pas nécessairement une décision finale d’investissement. Les informations disponibles ne précisent pas encore le calendrier de réalisation, la capacité de la raffinerie ni la structure définitive du financement.

Pour l’Ouganda, l’accès à une infrastructure côtière constitue un enjeu stratégique. Le pays ne dispose pas de façade maritime et doit actuellement s’appuyer sur des corridors de transport régionaux pour approvisionner son marché en carburants et exporter, à terme, une partie de sa production pétrolière.

Tanga et Lamu au centre de la compétition régionale

Le projet tanzanien entre en concurrence avec les ambitions du Kenya autour du port de Lamu. Nairobi cherche à faire de ce site un point d’entrée et de sortie pour les hydrocarbures produits dans la région, notamment ceux provenant des bassins pétroliers du nord du Kenya et de l’Ouganda.

L’Ouganda se retrouve ainsi au cœur de la compétition entre les deux ports. Le développement de ses ressources pétrolières autour de Hoima doit s’accompagner de solutions logistiques permettant d’acheminer le brut vers les marchés internationaux et de garantir l’approvisionnement intérieur en produits raffinés.

Le choix des infrastructures de transit aura des conséquences économiques pour les pays concernés. Les itinéraires retenus détermineront les coûts de transport, les recettes portuaires, les investissements associés et la répartition des activités industrielles le long des corridors régionaux.

Ces projets s’inscrivent dans une stratégie plus large visant à renforcer les capacités de raffinage et de stockage en Afrique de l’Est. La région reste fortement dépendante des importations de carburants raffinés, malgré l’existence de ressources pétrolières encore largement en phase de développement.

Pour Vitol Bahrain, l’accord ouvre la possibilité de participer à la construction d’un ensemble énergétique intégré dans une zone appelée à devenir l’un des nouveaux pôles pétroliers du continent. La concrétisation du projet dépendra toutefois des études techniques, des accords de financement, des autorisations réglementaires et des décisions finales d’investissement.

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