L’AAMFI lance un système d’alerte précoce pour détecter les fragilités de paiement souverain
L’Alliance des institutions financières multilatérales africaines (AAMFI), dite Africa Club, déploie un mécanisme d’alerte précoce pour repérer les fragilités de paiement des États africains et tenter d’éviter des restructurations longues et conflictuelles similaires à celles récemment observées au Ghana et en Zambie.

L’Alliance des institutions financières multilatérales africaines (AAMFI), dite Africa Club, déploie un mécanisme d’alerte précoce pour repérer les fragilités de paiement des États africains et tenter d’éviter des restructurations longues et conflictuelles similaires à celles récemment observées au Ghana et en Zambie.
Ce dispositif vise à détecter, avant tout défaut, des signaux de tension financière chez les emprunteurs souverains afin de coordonner une réponse collective des prêteurs africains et internationaux. Les promoteurs insistent sur la surveillance partagée des risques, l’échange d’informations et la mise en place de solutions de financement adaptées aux besoins identifiés.
Selon Samaila Zubairu, président de l’AAMFI et directeur général d’Africa Finance Corporation, l’objectif est d’intervenir suffisamment tôt pour limiter l’escalade des désaccords entre créanciers et réduire la durée des négociations qui pèsent sur la crédibilité financière des pays concernés.
Contexte des récentes crises et tensions entre créanciers
Les récentes restructurations du Ghana et de la Zambie servent de référence immédiate pour le lancement de ce mécanisme. Engagées après des défauts de paiement — pour le Ghana à la fin de 2022 et pour la Zambie dès novembre 2020 — ces procédures se sont étendues sur plusieurs années, entraînant des négociations complexes, des différends juridiques et des dégradations de notation qui ont affecté durablement l’accès aux marchés des pays concernés.
Les acteurs impliqués soulignent que la combinaison d’une forte exposition médiatique, d’une pluralité de créanciers et d’un cadre de règles parfois flou a contribué à allonger et à durcir les processus de renégociation. L’AAMFI propose de substituer à une gestion exclusivement centrée sur la crise une approche préventive, fondée sur des indicateurs et des réponses concertées.
Plusieurs épisodes récents illustrent les tensions entre banques multilatérales africaines, agences de notation et créanciers officiels. Fitch Ratings a abaissé la note d’Afreximbank en la classant en catégorie spéculative, après la rupture de leurs relations, et a pointé le fait que la banque n’avait pas été reconnue comme créancier privilégié lors de la restructuration ghanéenne, ce qui a contribué à la baisse du cours de ses obligations en dollars.
La question du statut de « créancier privilégié » oppose des acteurs : le Fonds monétaire international et des créanciers officiels refusent en général de reconnaître ce statut aux banques multilatérales africaines qui comptent des actionnaires privés, une posture qui complique leur participation aux opérations de restructuration et met en lumière la fragilité de certains modèles institutionnels.
Face à ces contraintes, certaines institutions ont adapté leur gouvernance. La Trade and Development Bank a par exemple racheté des parts détenues par des actionnaires non souverains pour répondre aux exigences des créanciers officiels et faciliter les discussions engagées avec la Zambie
Articles liés
Mali : le gouvernement autorise la construction de la mine d’or de Kobada
Nigéria : Le torchage de gaz atteint 204 milliards de pieds cubes en 2025
Ghana : La BAD finance près de 13 millions USD pour accélérer des projets structurants
Chine : L’étrange rebond des cours du pétrole malgré une offre excédentaire