Kenya : première expédition vers la Chine de produits exemptés de droits de douane
Le 23 mars 2026, Nairobi a expédié vers la Chine la toute première cargaison bénéficiant d’un dispositif d’exonération totale des droits de douane. Les responsables kenyans présentent cette opération comme une étape susceptible d’atténuer le déséquilibre commercial bilatéral et d’élargir l’accès des produits kenyans au marché chinois.

Selon notre correspondante à Pékin, Clea Broadhurst, cette expédition marque une première concrète dans la mise en œuvre du régime dit « zéro tarif » accordé à plusieurs États africains par les autorités chinoises.
La marchandise envoyée comprend notamment de l’huile d’avocat, du café et des aliments pour animaux : un chargement choisi pour servir de test à grande échelle à ce nouveau mécanisme d’accès en franchise sur le territoire chinois. Pour Nairobi, il s’agit d’un atout compétitif non négligeable dans un contexte de forte concurrence sur les produits agricoles.
Une partie du lot a transité par le Madaraka Express, ( Le Madaraka Express est un train à haute vitesse reliant Mombasa à la capital.) jusqu’au terminal sec de Nairobi avant d’être acheminée vers le port de Mombasa, illustrant le rôle clé des infrastructures ferroviaires et portuaires dans cette stratégie d’exportation. Les autorités attendent l’arrivée des conteneurs en Chine début mai, moment prévu pour l’entrée en application du régime préférentiel.
Atténuer un déficit commercial écrasant
Le défi pour le Kenya est double : accroître ses ventes de produits agricoles — thé, café, avocat — sur un marché immense, tout en cherchant à réduire un important déficit commercial. En 2024, les importations en provenance de Chine ont dépassé les 4 milliards de dollars, contre près de 200 millions de dollars d’exportations kenyanes vers ce partenaire.
Des observateurs économiques rappellent toutefois que l’ouverture des marchés ne garantit pas automatiquement une transformation structurelle. Sans développement local de la transformation et montée en gamme des produits, l’avantage tarifaire pourrait se traduire par une hausse des exportations de matières premières, au détriment des ambitions d’industrialisation du pays et du continent.
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