Jack Lang, visé par une enquête dans l’affaire Epstein, propose sa démission de l’Institut du monde arabe

Sous la pression médiatique et politique déclenchée par la déclassification massive de documents liés à l’affaire Jeffrey Epstein, Jack Lang a proposé sa démission de la présidence de l’Institut du monde arabe le samedi 7 février. La décision, transmise par courrier au ministre des Affaires étrangères Jean-Noël Barrot, intervient après la publication, le 30 janvier, d’environ trois millions de fichiers judiciaires américains faisant apparaître de nombreux noms, dont celui de l’ancien ministre de la Culture.

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Jack Lang, visé par une enquête dans l’affaire Epstein, propose sa démission de l’Institut du monde arabe
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Sous la pression médiatique et politique déclenchée par la déclassification massive de documents liés à l’affaire Jeffrey Epstein, Jack Lang a proposé sa démission de la présidence de l’Institut du monde arabe le samedi 7 février. La décision, transmise par courrier au ministre des Affaires étrangères Jean-Noël Barrot, intervient après la publication, le 30 janvier, d’environ trois millions de fichiers judiciaires américains faisant apparaître de nombreux noms, dont celui de l’ancien ministre de la Culture.

Le Parquet national financier (PNF) a ouvert une enquête préliminaire pour blanchiment de fraude fiscale aggravée visant Jack Lang et sa fille, Caroline Lang. À ce stade, les magistrats précisent qu’aucun élément n’indique la participation du père ou de la fille aux crimes sexuels commis par Jeffrey Epstein ; les documents rendent compte de liens financiers et relationnels qui alimentent les investigations et le débat public.

Parmi les révélations figurent des éléments relatifs à une société offshore, Prytanee LLC, créée en 2016 et domiciliée aux Îles Vierges américaines. Selon Mediapart, Prytanee LLC aurait été fondée par Caroline Lang et Jeffrey Epstein, dotée d’un capital d’environ 1,4 million d’euros et détenue à parts égales par les deux associés. Présentée comme un fonds destiné à l’achat d’œuvres d’art, la structure n’aurait pas été déclarée en France, ce qui suscite des soupçons de fraude fiscale. Des échanges de mails évoquant le règlement par Prytanee de déplacements de Jack Lang figurent parmi les documents consultés par les médias, éléments qui ont conduit une association anticorruption à déposer plainte.

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Chronologie des réactions institutionnelles et défense des intéressés

Face à la montée de la polémique et aux demandes exprimées par l’exécutif, Jean-Noël Barrot a indiqué « prendre acte » de la proposition de démission. L’entourage gouvernemental avait jugé jeudi soir que Jack Lang devait désormais « penser à l’institution ». L’Élysée et Matignon ont demandé la convocation de l’ancien ministre au Quai d’Orsay ; la convocation a été annoncée par le ministère des Affaires étrangères avant que la proposition de départ ne soit rendue publique.

Dans sa lettre adressée au ministre, Jack Lang évoque un climat marqué par des « soupçons, des attaques personnelles et des amalgames » qui, selon lui, fragiliseraient l’Institut du monde arabe. Jean-Noël Barrot a annoncé le lancement de la procédure pour désigner un successeur et la convocation d’un conseil d’administration sous sept jours afin de nommer un président par intérim.

Sur le plan personnel, Jack Lang affirme que les accusations sont infondées et déclare accueillir l’enquête « avec sérénité, et même avec soulagement ». Son avocat a indiqué que son client répondrait « ligne par ligne et mail par mail » aux questions de la justice. Caroline Lang assure ne pas avoir tiré de bénéfice personnel de Prytanee LLC et dit n’avoir jamais reçu les cinq millions de dollars que Jeffrey Epstein lui aurait promis dans son testament.

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