Gisèle Pélicot et Jean-Loup : « amoureux comme des adolescents »

Gisèle Pélicot, victime centrale de l’affaire dite des « viols de Mazan », dit avoir retrouvé un apaisement et un nouveau bonheur amoureux aux côtés de Jean‑Loup, un homme de 73 ans rencontré sur l’île de Ré alors qu’elle attendait son procès, une évolution de vie rendue publique à l’occasion de ses récents témoignages médiatiques et de la promotion de son livre.

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Entre 2011 et 2020, selon les éléments révélés lors de l’instruction et du procès, Dominique Pélicot a drogué son épouse à son insu et invité plus de cinquante hommes à commettre des actes sexuels sur elle au domicile du couple à Mazan (Vaucluse). L’affaire a été révélée en septembre 2020 après l’arrestation de Dominique Pélicot pour exhibitionnisme et voyeurisme dans un supermarché ; lors de la perquisition de son domicile, les enquêteurs ont découvert plus de 20 000 photos et vidéos relatives aux agressions. Le procès, tenu devant la cour criminelle du Vaucluse du 2 septembre au 19 décembre 2024, a abouti à la condamnation de 51 personnes, dont Dominique Pélicot, qui a été condamné à 20 ans de réclusion criminelle.

Pour évoquer son cheminement personnel, Gisèle Pélicot a raconté dans son livre Et la joie de vivre et lors d’interviews — notamment sur France Inter — la façon dont elle tente de se reconstruire. Elle a expliqué avoir trouvé une forme de sérénité et s’être autorisée un bonheur inattendu après des années marquées par ces violences et leur retentissement public.

L’amour retrouvé

Gisèle Pélicot relate avoir croisé Jean‑Loup durant un séjour sur l’île de Ré, une parenthèse qu’elle avait choisie pour se protéger du tumulte judiciaire. Elle décrit leur rencontre comme providentielle et souligne la reconnaissance d’un bonheur simple, partagé entre deux personnes ayant chacune traversé des épreuves.

« Parce qu’il faut s’autoriser à être heureuse. Et j’ai eu la chance de rencontrer ce ‘jeune homme’ de 73 ans, alors que je ne m’y attendais pas du tout et lui non plus », a-t‑elle déclaré, mettant en avant la surprise et la douceur de cette relation. Elle ajoute que, malgré leurs passés compliqués, leurs échanges et leur quotidien commun constituent pour elle une revanche sur la vie.

Elle affirme que cette relation lui a permis de recouvrer une confiance que la trahison et les violences subies avaient fortement érodée. Présent à ses côtés pendant le procès, Jean‑Loup a, selon Gisèle Pélicot, été un soutien concret lors des audiences et des moments médiatiques qui ont suivi la mise au jour des faits.

Lors d’une intervention au festival de Hay, Gisèle Pélicot a rappelé l’impact humain de cette présence : « Je ne pensais pas que je pourrais à nouveau faire confiance à un homme, mais c’est ce qui m’est arrivé. Donc vous voyez que tout est permis dans la vie, il ne faut jamais perdre espoir », a‑t‑elle déclaré, soulignant la portée personnelle de ce retour à la confiance.

S’agissant de son état d’esprit au moment de cette rencontre, elle a expliqué qu’elle ne souhaitait pas tomber amoureuse, mais que la vie en a décidé autrement : « je ne voulais pas tomber amoureuse, mais la vie en a décidé autrement ».

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