France : le rappeur Booba condamné à 3 mois de prison après ses attaques contre une journaliste

Le rappeur Booba a été condamné par le tribunal correctionnel de Paris à trois mois de prison avec sursis et à 30 000 euros d’amende pour cyberharcèlement et injures racistes visant la journaliste Linh-Lan Dao. Il a également écopé d’une autre amende de 20 000 euros pour injure raciale envers l’essayiste Tristan Mendès France.

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France : le rappeur Booba condamné à 3 mois de prison après ses attaques contre une journaliste
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Le rappeur Booba, de son vrai nom Élie Yaffa, a été condamné par le tribunal correctionnel de Paris dans une affaire de cyberharcèlement et d’injures racistes visant la journaliste Linh-Lan Dao, de France Télévisions et franceinfo.fr. La juridiction lui a infligé trois mois de prison avec sursis et 30 000 euros d’amende pour des publications diffusées en janvier 2024 sur le réseau social X, anciennement Twitter. Cette peine est assortie d’un sursis simple. Le rappeur n’ira donc pas en prison, sauf en cas de nouvelle condamnation pouvant entraîner la révocation du sursis. Il devra toutefois s’acquitter de l’amende prononcée ainsi que des dommages-intérêts accordés à la journaliste au titre du préjudice moral subi.

Dans un autre volet examiné lors de la même audience, Booba a également été condamné à 20 000 euros d’amende pour injure raciale envers l’essayiste et chroniqueur Tristan Mendès France. Ce dernier avait publiquement dénoncé les attaques visant Linh-Lan Dao avant de devenir lui-même la cible de messages du rappeur. Les faits reprochés à Booba remontent à janvier 2024. Après la publication d’un article présentant le rappeur comme « complotiste » à propos des vaccins et de la maladie de Creutzfeldt-Jakob, celui-ci avait réagi sur X en visant directement la journaliste Linh-Lan Dao.

Selon les éléments retenus par le tribunal, Booba avait relayé son identité et son visage auprès de ses millions d’abonnés, accompagnant ses publications de propos sexistes, dégradants et liés à ses origines asiatiques. Ces messages avaient entraîné une vague de haine, d’insultes et d’attaques en ligne contre la journaliste.

Pour les juges, les publications en cause ne relevaient pas d’une simple polémique ou d’une critique journalistique. Elles ont été considérées comme dépassant largement le cadre de la liberté d’expression, en raison de leur caractère injurieux, discriminatoire et de leur effet d’exposition massive sur les réseaux sociaux.

Le tribunal a notamment souligné le déséquilibre entre la puissance de diffusion d’un artiste suivi par plus de six millions d’abonnés et la situation d’une journaliste individuellement visée. La juridiction a rappelé, dans ce contexte, la responsabilité particulière des personnalités publiques disposant d’une audience importante en ligne.

Tristan Mendès France également visé

L’affaire concernait aussi des propos visant Tristan Mendès France, essayiste et spécialiste des discours complotistes. Après avoir dénoncé publiquement le cyberharcèlement subi par Linh-Lan Dao, il avait à son tour été pris pour cible par Booba dans plusieurs messages publiés en ligne.

Le tribunal a retenu la qualification d’injure raciale à son encontre. Les juges ont notamment estimé que les allusions faites au nez de l’essayiste ne pouvaient être réduites à une simple moquerie. Elles ont été analysées comme la reprise d’un stéréotype antisémite ancien et historiquement chargé.

Cette appréciation a justifié la condamnation du rappeur à 20 000 euros d’amende dans ce second dossier. Pour la juridiction, les propos poursuivis participaient d’une injure publique à caractère racial, et non d’un échange relevant de la liberté de ton habituelle sur les réseaux sociaux.

Une décision rendue après un procès en l’absence du rappeur

Le procès s’était tenu le 1er avril 2026 devant le tribunal correctionnel de Paris, en l’absence de Booba, qui réside à l’étranger et ne s’était pas présenté à l’audience. Lors des débats, le ministère public avait requis huit mois de prison avec sursis, 30 000 euros d’amende et un stage de sensibilisation à la lutte contre la haine en ligne. La procureure avait estimé que le rappeur avait sciemment utilisé sa forte audience pour exposer la journaliste à une campagne d’attaques.

Après avoir mis sa décision en délibéré, le tribunal a finalement prononcé une peine de trois mois de prison avec sursis, soit une peine inférieure aux réquisitions concernant la durée de l’emprisonnement avec sursis. En revanche, l’amende de 30 000 euros demandée pour les faits visant Linh-Lan Dao a été confirmée.

Cette condamnation s’ajoute à d’autres procédures visant Booba dans des contentieux liés à son activité en ligne et à ses affrontements publics avec des journalistes, des influenceurs ou d’autres personnalités. Le rappeur dispose désormais de la possibilité de faire appel.

Au-delà du cas individuel de l’artiste, cette décision illustre la volonté croissante de la justice française de sanctionner plus fermement les campagnes de haine orchestrées sur les réseaux sociaux. Elle rappelle aussi que la notoriété et l’audience numérique peuvent constituer des facteurs aggravants lorsque des publications ciblées exposent une personne à un harcèlement massif.

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