France : Bilal Hamdad expose «Le Paris de tous les jours» au Petit Palais
Au Petit Palais, les toiles hyperréalistes du Franco‑Algérien Bilal Hamdad dialoguent depuis quelques mois avec des chefs‑d’œuvre historiques, offrant au public une vision de Paris rarement représentée dans les institutions : Barbès‑Rochechouart, Châtelet‑les‑Halles, vendeurs de rue et livreurs Deliveroo se mêlent aux scènes classiques sur les murs du musée.

Au Petit Palais, les toiles hyperréalistes du Franco‑Algérien Bilal Hamdad dialoguent depuis quelques mois avec des chefs‑d’œuvre historiques, offrant au public une vision de Paris rarement représentée dans les institutions : Barbès‑Rochechouart, Châtelet‑les‑Halles, vendeurs de rue et livreurs Deliveroo se mêlent aux scènes classiques sur les murs du musée.
La pièce maîtresse de l’accrochage est Paname, une toile monumentale réalisée spécialement pour l’exposition : plus de trois mètres de haut sur quatre de large, peinte à l’huile dans un rendu quasi‑photographique, qui saisit la sortie du métro Barbès‑Rochechouart avec ses passants et ses activités quotidiennes inscrits au même plan que des figures historiques ou bibliques habituellement présentes au Petit Palais.
La directrice du musée, Annick Lemoine, insiste sur la continuité artistique : elle présente le travail de Bilal Hamdad comme une pratique « traditionnelle, académique » qui s’inscrit dans l’histoire de la peinture. Pour le Petit Palais, il s’agit de confronter l’œuvre contemporaine au patrimoine pictural et d’ouvrir ses galeries à des récits urbains peu représentés dans les collections permanentes.
Un parcours pédagogique qui mêle références historiques et enjeux contemporains
Le parcours muséal a été conçu pour faciliter la lecture des œuvres : des cartels identifient fréquemment les clins d’œil aux peintures de maître intégrés par Hamdad. L’artiste glisse ces références de façon discrète — parfois en dissimulant une silhouette de village dans une tâche sur un mur, renvoyant au célèbre Angélus de Jean‑François Millet — ce qui oblige le spectateur à une attention soutenue pour les repérer.
Plusieurs toiles reprennent des motifs classiques transposés dans des décors populaires parisiens. L’Angélus revisité montre un jeune homme perché sur une rambarde de métro, tandis que d’autres scènes mettent en scène des vendeurs ambulants ou des personnels de livraison, traités avec la même solennité picturale que les sujets historiques.
Au‑delà de l’exactitude formelle, l’exposition affirme une ambition sociale. Hamdad dit peindre « des gens » sans hiérarchie liée à l’origine sociale ou ethnique, et cherche par ce geste à accorder la même dignité picturale à des existences souvent invisibilisées dans les musées.
Une série de tableaux emprunte une tonalité plus engagée : plusieurs grandes toiles montrent de jeunes hommes allongés dans l’eau, indéterminés entre le sommeil et la mort. Sur l’une d’elles, un petit bateau en papier rouge fait écho non pas à l’histoire de l’art mais à l’actualité migratoire ; l’artiste explique que l’œuvre rend hommage aux personnes qui traversent la Méditerranée.
Hamdad travaille depuis son atelier situé dans le XIXe arrondissement de Paris et puise son inspiration à la fois dans des références du XIXe siècle — comme l’Ophélie de John Everett Millais — et dans la vie urbaine contemporaine, créant des ponts entre les époques.
Le dispositif d’exposition et le choix d’un jeune artiste ont aussi visé à renouveler le public : selon la direction du musée, l’événement a attiré un nombre important de visiteurs jeunes et de personnes qui n’avaient jamais fréquenté le Petit Palais auparavant.
Durant les six premières semaines de l’exposition, plus de 239 000 personnes ont franchi les portes du Petit Palais
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