États-Unis : l’administration Trump privilégie l’intérêt sécuritaire vis‑à‑vis de l’AES

Les États-Unis semblent revoir leur posture envers certains régimes du Sahel. Une nouvelle démarche s’esquisse à l’égard de l’AES — l’Alliance des États du Sahel. Cette orientation s’est matérialisée par des déplacements récents de Nick Checker, haut responsable chargé des affaires africaines au département d’État, qui a effectué des étapes au Niger et au Burkina Faso, après un passage au Mali en février.

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États-Unis : l’administration Trump privilégie l’intérêt sécuritaire vis‑à‑vis de l’AES
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Ces visites interviennent après une longue période de relations distantes entre Washington et les autorités militaires arrivées au pouvoir dans plusieurs pays de la région. Sous l’administration Biden, le ton avait souvent été marqué par la méfiance ; aujourd’hui, la diplomatie américaine multiplie les gestes destinés à rallumer le canal de dialogue, y compris avec des régimes qui ont développé des liens de coopération avec la Russie.

Ce recentrage soulève toutefois des interrogations. S’agit-il d’un simple réajustement tactique ou d’un virage stratégique ? Quels gains attendent les États-Unis — et, de l’autre côté, quelles concessions espèrent obtenir les autorités sahéliennes ? Autant de questions qui pèsent sur l’évolution de l’équilibre régional.

Pour éclairer ces enjeux, Andrew Lebovich, chercheur américain à l’institut néerlandais Clingendael et spécialiste du Sahel, a été invité à s’exprimer depuis Washington par Charlotte Idrac.

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Enjeux et perspectives

Pour Andrew Lebovich, chercheur américain à l’institut néerlandais Clingendael et spécialiste du Sahel, reçu par RFI, plusieurs explications plausibles peuvent expliquer la volonté de réengagement : maintenir une présence politique et stratégique face à des acteurs extérieurs, préserver des canaux de coopération en matière de sécurité ou encore limiter l’influence d’interlocuteurs rivaux. Du côté des juntes, l’ouverture américaine offre une forme de reconnaissance internationale et la possibilité d’atténuer l’isolement diplomatique et économique.

Pour autant, ce réchauffement des relations n’efface pas les tensions préexistantes. Les appels à la restauration de processus démocratiques, les préoccupations relatives aux droits humains et la défiance d’une partie de l’opinion publique internationale restent des obstacles potentiels à une normalisation rapide. Les modalités concrètes — aides, accords sécuritaires, conditions politiques — détermineront l’ampleur et la durabilité de ce nouveau rapprochement.

La manœuvre américaine apparaît donc comme un calibrage délicat. Il s’agit de dialoguer sans pour autant légitimer définitivement des gouvernements installés par la force, tout en essayant de préserver des intérêts géopolitiques et sécuritaires. Les prochaines annonces et la nature des engagements entre Washington et les capitales sahéliennes permettront d’évaluer si cette phase est ponctuelle ou le signe d’un véritable repositionnement.

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