Eruption volcanique en RDC: la vie difficile des déplacés de Goma

News - InfosSociétéEruption volcanique en RDC: la vie difficile des déplacés de Goma

Colis sur la tête, sacs à la main et précipitant les pas sur l’autoroute, plusieurs habitants de Goma, ville de l’est de la République démocratique du Congo, ont ainsi abandonné leurs demeures, face aux risques d’une nouvelle éruption volcanique. Désormais sans abris, ils font face à une nouvelle vie sous le regard presque impuissant des autorités du pays.

Jeudi, vers deux heures du matin, le gouverneur militaire de la Ville de Goma, Constant Ndima, a annoncé que, par crainte d’une nouvelle éruption volcanique, 10 des 18 quartiers de Goma devraient être évacués d’urgence. Face à une telle annonce, les habitants, très inquiets, ont choisi de braver la tempête de la nuit, pour ne pas risquer une mort soudaine. Dans la foulée, de nombreux enfants et parents ont entamé l’exode, transportant juste l’essentiel, l’utile qui vaut la peine d’être sauvé.

A lire aussi: RDC: au moins 39 morts dans deux nouvelles attaques dans la région de Beni

L’exode a créé d’immenses et angoissants embouteillages de voitures et de piétons. Sur le lac Kivu, les bateaux ont été pris d’assaut, les populations se bousculant pour embarquer avec pour objectif d’atteindre le Sud-Kivu voisin, réputé hors de portée du dangereux volcan. De sources officielles, plus de 400 000 personnes ont été évacuées de Goma. Ceux qui ont des familles dans des villes voisines des pays comme le Rwanda, ont pu trouver où mettre la tête.

Par contre, les autres sont livrés à eux-mêmes. Pour ceux qui ont de la chance, les écoles ou églises ont été leurs maisons d’accueil. Ceux qui n’en ont pas sont donc obligés de se débrouiller, quittant un lieu pour un autre, en quête du mieux. Une vie pas comme avant et difficile quand on y est pas préparé.

Risques sanitaires

L’éruption volcanique a sérieusement endommagé une canalisation d’eau importante, affectant de ce fait plus de 500 000 habitants de Goma. En l’absence d’eau potable, certains habitants font recours à l’eau non recommandée. Les autorités craignent notamment que le choléra ne se propage dans les régions touchées.

« L’accès à une eau saine est un besoin urgent pour les milliers de Congolais affectés par cette crise », a déclaré Marion Ekpuk, Chargée d’affaires à l’ambassade des États-Unis qui ont fait débloquer, par l’entremise de l’Agence américaine pour le développement international (USAID), 400 000 USD supplémentaires pour accroître la première phase d’aide d’urgence aux populations déplacées du Nord-Kivu.

A lire aussi: RDC: risque d’éruption volcanique, la ville de Goma se vide de sa population

L’autre chose à craindre est une nouvelle flambée de la pandémie de covid-19. Les risques de contamination sont élevés dans les circonstances actuelles.

 « Les déplacés tenaillés par le froid et la faim »

En l’absence d’action humanitaire réelle des autorités, les habitants de Goma exilés sont tenaillés par le froid et la faim. « C’est une action symbolique. C’est l’État qui devrait fournir de la nourriture aux gens, mais à Saké, là, il n’y a personne, l’État est absent et nous ne pouvons pas supporter ça », s’insurge Pascal, un militant du mouvement citoyen Lucha cité par Le Point. Le mouvement sert généralement de la traditionnelle bouillie de maïs aux déplacés.

Voir aussi la sélection de la rédaction

Laisser un commentaire

En ce moment:

Dans le flux de l'actualité

P