El Niño : le PNUD appelle à anticiper les risques climatiques en Afrique de l’Ouest et centrale

Le Programme des Nations unies pour le développement (PNUD) appelle les gouvernements, bailleurs et partenaires humanitaires d’Afrique de l’Ouest et centrale à renforcer sans délai les dispositifs d’anticipation face à El Niño. Dans une note publiée à Dakar le 15 septembre, l’agence souligne que le phénomène climatique pourrait accentuer les risques de déficits pluviométriques dans certaines zones, alors que les prévisions restent contrastées selon les modèles.

Christian Mbeumo
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El Niño : le PNUD appelle à anticiper les risques climatiques en Afrique de l’Ouest et centrale
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Le Centre climatique régional pour l’Afrique de l’Ouest et le Sahel (AGRHYMET CCR-AOS) signale, dans ses perspectives régionales PRESASS 2026, un élargissement des zones présentant une forte probabilité de cumuls pluviométriques déficitaires pour la période août-septembre-octobre. Le PNUD insiste toutefois sur l’incertitude qui entoure les prévisions régionales : certains modèles anticipent des pluies inférieures à la normale sur une partie du Sahel, tandis que d’autres envisagent des conditions plus humides dans le Sahel central et oriental.

Cette incertitude conduit l’agence onusienne à demander des réponses adaptées à chaque pays plutôt qu’une lecture uniforme de la situation. Les risques climatiques ne sont pas les mêmes dans le Sahel, le bassin du lac Tchad ou les économies côtières du golfe de Guinée.

Le PNUD rappelle par ailleurs que l’insécurité alimentaire qui touche certaines populations de la région ne peut pas être attribuée à El Niño seul. Selon les données du Cadre harmonisé citées par l’agence, 41,8 millions de personnes étaient classées en phase 3 ou plus, correspondant à une situation de crise ou pire, en Afrique de l’Ouest et au Sahel entre octobre et décembre 2025. Les projections établies pour la période de soudure de juin à août 2026 portaient ce chiffre à 52,8 millions de personnes.

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Ces données concernent des populations exposées à des situations d’insécurité alimentaire aiguë et ne signifient pas que l’ensemble de l’Afrique de l’Ouest est touché de la même manière. Le PNUD identifie les conflits dans le Sahel central, le bassin du lac Tchad et l’est de la République démocratique du Congo comme les principaux moteurs des déplacements et des besoins humanitaires dans les zones concernées.

Des effets différents selon les zones

Les chocs climatiques peuvent néanmoins aggraver les difficultés existantes en accentuant la pression sur l’eau, les pâturages et les terres agricoles, en perturbant les routes de transhumance ou en compliquant l’accès humanitaire. Le PNUD recommande donc de croiser les indicateurs climatiques avec les données sur les conflits, les déplacements et l’accès aux populations vulnérables.

La situation est différente dans les pays côtiers. En Côte d’Ivoire et au Ghana, deux grands producteurs mondiaux de cacao, les risques surveillés concernent à la fois les déficits de pluie, les épisodes d’humidité excessive et les maladies des cultures. Le PNUD recommande un suivi spécifique de la ceinture cacaoyère afin d’adapter les mesures d’anticipation aux conditions réellement observées.

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L’agence appelle enfin les gouvernements et les bailleurs à mobiliser les mécanismes de financement anticipatif avant une éventuelle dégradation des conditions. Elle demande notamment de s’appuyer sur les prévisions d’AGRHYMET et sur des déclencheurs associant indicateurs climatiques, niveau de conflit et contraintes d’accès humanitaire.

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