Diplomatie : pour sa première mission officielle, Amori Brunet mise sur la Corée du Sud
Pour sa première sortie officielle depuis sa nomination, la ministre béninoise des Affaires étrangères, Corinne Amori Brunet, a choisi Séoul. En marge de la Réunion ministérielle Corée-Afrique 2026, elle s’est entretenue avec son homologue sud-coréen Cho Hyun autour de cinq axes de coopération, avec l’ambition de donner un nouveau souffle au partenariat entre le Bénin et la Corée du Sud.

La ministre béninoise des Affaires étrangères Corinne Amori Brunet a participé du 31 mai au 2 juin 2026 à la Réunion des ministres des Affaires étrangères Corée-Afrique 2026, qui se tenait à Séoul pour la première fois sous ce format ministériel. Il s’agit de son premier déplacement officiel depuis sa prise de fonction le 26 mai. Elle y a tenu un tête-à-tête avec le ministre sud-coréen des Affaires étrangères Cho Hyun, centré sur cinq domaines : l’agriculture, l’innovation, les technologies, la culture, la mobilisation du secteur privé, ainsi que l’engagement commun en faveur de la paix et de la sécurité.
La rencontre entre les deux chefs de la diplomatie a porté sur la relance du partenariat bilatéral Bénin-Corée sous une forme plus concrète et tournée vers des résultats dans les foyers béninois, selon le communiqué de la diplomatie béninoise. La formule retenue par Amori Brunet lors de ses échanges avec la délégation coréenne – « Le développement n’est pas un don. C’est une décision. » – résume le positionnement béninois dans cette rencontre : une coopération fondée sur la vision de long terme, les réformes structurantes et l’investissement dans le capital humain.
La ministérielle de Séoul a également été l’occasion pour la délégation béninoise de tenir plusieurs entretiens bilatéraux avec des homologues africains, dont le ministre angolais des Affaires étrangères, pour renforcer la coordination continentale et faire « entendre une voix africaine unie face aux défis communs », selon le compte rendu officiel.
Un sommet inaugural de haut niveau
La réunion de Séoul, tenue sous le thème « Partenariat pour des réponses communes aux défis mondiaux », constituait la première rencontre ministérielle entre la Corée du Sud et le continent africain sous ce format. Elle rassemblait des délégués de 50 des 54 pays africains invités, ainsi que les quatre grandes organisations régionales que sont l’Union africaine, la Banque africaine de développement, la Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAf) et Africa CDC. Une déclaration conjointe a été adoptée à l’issue des travaux.
Selon les sources coréennes, la déclaration porte sur la coopération dans les chaînes d’approvisionnement critiques, les routes maritimes et les minerais stratégiques, dans un contexte géopolitique marqué par les instabilités régionales et les répercussions économiques des conflits en Ukraine et au Moyen-Orient. Le ministre Cho Hyun a ouvert la réunion en soulignant la nécessité pour la Corée et l’Afrique de « transformer ensemble les défis en opportunités ». Le Ghana, vice-président en exercice de l’Union africaine, a plaidé pour que les liens Corée-Afrique dépassent la coopération au développement traditionnelle pour aller vers des partenariats économiques approfondis.
Un partenariat bilatéral à consolider
Les relations entre le Bénin et la Corée du Sud ont été marquées ces dernières années par la coopération dans l’éducation, les technologies de l’information et la formation professionnelle, notamment via l’Agence coréenne de coopération internationale (KOICA). La relance présentée par Amori Brunet lors de ce premier déplacement officiel s’inscrit dans la priorité affichée par le gouvernement Wadagni de diversifier les partenariats économiques et technologiques du Bénin, au-delà des partenaires historiques que sont la France, l’Union européenne et les institutions de Bretton Woods.
La Corée du Sud, dont la trajectoire de développement économique entre les années 1960 et 1990 est souvent citée comme référence dans les discussions sur l’industrialisation en Afrique subsaharienne, présente un intérêt particulier dans la logique de l’Agenda Sénégal 2050 béninois qui projette une transformation industrielle sur plusieurs décennies.
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