Diamants: l’Inde et la Chine accentuent la pression sur les producteurs africains

Le marché mondial du diamant naturel, longtemps dominé par le Botswana, la Russie et le Canada, doit désormais compter avec deux concurrents inédits : la Chine et l’Inde, devenues en quelques années les principaux foyers de production et de transformation des diamants synthétiques. Cette montée en puissance fragilise les producteurs africains, confrontés à une chute des prix et à une érosion de leurs parts de marché.

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Diamants: l’Inde et la Chine accentuent la pression sur les producteurs africains
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En Inde, les exportations de diamants synthétiques polis ont dépassé en volume celles des diamants naturels au cours des mois de mars et avril 2026, selon les données du Gem & Jewellery Export Promotion Council (GJEPC) relayées par l’analyste Edahn Golan. Le pays a exporté 1,4 million de carats de pierres synthétiques en avril, contre 1,3 million de carats de diamants naturels. Ces volumes restent toutefois marginaux en valeur : les diamants synthétiques ne représentent que moins de 9% du chiffre d’affaires total des exportations indiennes de diamants, tant leur prix unitaire est inférieur à celui des pierres naturelles.

La ville indienne de Surat, historiquement premier centre mondial de taille du diamant naturel, s’est imposée comme la principale plateforme de transformation des diamants de laboratoire. En Chine, la province du Henan concentre l’essentiel de la production, avec des groupes intégrés comme Zhongnan Diamond ou Henan Huanghe Whirlwind, qui maîtrisent toute la chaîne, de la fabrication des presses de synthèse jusqu’au polissage final.

Cette offensive asiatique a fait plonger les prix. Le groupe sud-africano-britannique De Beers a annoncé le 8 mai 2025 la fermeture de Lightbox, sa marque de bijoux en diamants synthétiques lancée en 2018 avec un tarif transparent de 800 dollars le carat. Le groupe a justifié cette décision par un effondrement des prix de gros des diamants de laboratoire, en baisse de 90% depuis le lancement de la marque, sous l’effet de la concurrence chinoise et de la multiplication des offres à bas coût.

Face à cette concurrence, les producteurs historiques de diamants naturels – Botswana, Russie, Canada, mais aussi Angola, Namibie, République démocratique du Congo et Afrique du Sud – traversent un premier semestre 2026 difficile, marqué par une poursuite de la baisse des prix des pierres naturelles. Les pays producteurs africains se sont engagés collectivement à financer des campagnes de promotion, à hauteur de 1% de leurs revenus annuels, pour mettre en avant la rareté et l’origine naturelle de leurs pierres face aux diamants de synthèse produits en série.

Au Botswana, premier producteur africain, un signe illustre néanmoins la résistance du marché du très haut de gamme : le diamant brut Motswedi, 2 488 carats extrait en août 2024 à la mine de Karowe par la société Lucara Diamond, a trouvé preneur près de vingt-deux mois après sa découverte. La vente, annoncée le 13 août 2026, a été conclue au deuxième trimestre 2026 sans que l’identité de l’acheteur ni le prix ne soient dévoilés. Il s’agit du plus gros diamant jamais découvert au Botswana et du deuxième plus grand diamant brut de qualité gemme de l’histoire, derrière le Cullinan (3 106 carats), trouvé en Afrique du Sud en 1905.

Plutôt que d’affronter frontalement les producteurs chinois et indiens sur les prix, plusieurs analystes du secteur invitent les pays africains à investir davantage dans la taille et la transformation locale des pierres, une activité à plus forte valeur ajoutée qui reste aujourd’hui largement concentrée en Inde.

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