Côte d’Ivoire : trois députés-maires du PDCI refusent d’intégrer le groupe parlementaire du parti
Une nouvelle zone de turbulences secoue le Parti démocratique de Côte d’Ivoire–Rassemblement démocratique africain (PDCI-RDA). Trois députés, également maires adjoints dans le district d’Abidjan, ont décidé de ne pas rejoindre le groupe parlementaire du parti à l’Assemblée nationale, révélant des tensions internes persistantes au sein de la principale formation d’opposition.

Une nouvelle zone de turbulences secoue le Parti démocratique de Côte d’Ivoire–Rassemblement démocratique africain (PDCI-RDA). Trois députés, également maires adjoints dans le district d’Abidjan, ont décidé de ne pas rejoindre le groupe parlementaire du parti à l’Assemblée nationale, révélant des tensions internes persistantes au sein de la principale formation d’opposition.
Il s’agit de Sylvestre Emmou, maire adjoint de Port-Bouët ; Jean-Marc Yacé, maire adjoint de Cocody et Jacques Gabriel Ehouo, maire adjoint du Plateau. Tous trois ont été élus sous la bannière du PDCI-RDA et figurent parmi les cadres influents du parti à Abidjan.
Sur les 31 députés que compte le PDCI-RDA à l’Assemblée nationale, 28 ont intégré le groupe parlementaire, présidé par Me Chrysostome Blessy. Sa désignation, décidée par la direction du parti, aurait toutefois été faite sans concertation élargie, selon plusieurs sources internes.
Les trois députés dissidents avaient pourtant, dans un premier temps, rallié le groupe lors de l’ouverture de la session parlementaire. Leur revirement est intervenu après la fuite de messages internes les qualifiant de « perturbateurs ». En l’absence d’excuses ou de clarification officielle de la part de la direction du parti, ils ont choisi de se retirer.
Des divergences politiques plus profondes
Au-delà de cet incident, cette prise de distance reflète des désaccords plus profonds au sein du PDCI-RDA. Les trois élus font partie des voix critiques à l’égard de certaines orientations stratégiques du parti, notamment l’adhésion au Front commun avec le PPA-CI de Laurent Gbagbo, qui avait conduit au boycott de l’élection présidentielle de 2025.
Pour ces responsables, le parti traverse une crise de gouvernance qui nécessite la convocation d’un bureau politique et l’organisation d’un congrès afin de revoir les statuts, le mode de prise de décision et les alliances politiques.
Face à cette situation, la direction du PDCI-RDA a opté pour une approche apaisée. Le porte-parole du parti, Dr Soumaïla Kouassi Bredoumy, a indiqué que la porte reste ouverte à un retour des trois députés au sein du groupe parlementaire dirigé par Me Chrysostome Blessy. Aucune sanction disciplinaire n’a été annoncée, la direction privilégiant le dialogue interne afin d’éviter une escalade susceptible d’affaiblir davantage le parti.
Si cette dissidence n’affecte pas, pour l’heure, la majorité numérique du groupe parlementaire PDCI-RDA, elle révèle tout de même les fragilités de l’unité interne du parti à un moment clé de sa recomposition politique après le cycle électoral de 2025.
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