Côte d’Ivoire : ce que prévoit Abidjan après les attaques au Mali
Mercredi, Abidjan a publié une réaction officielle aux attaques coordonnées perpétrées au Mali par le Front de libération de l’Azawad (FLA) et le Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans (JNIM), affirmant son alignement sur les positions régionales et continentales tout en réitérant des mesures de sécurisation de ses frontières et son inquiétude face à un possible afflux de réfugiés maliens.

Lors de la conférence de presse tenue après le Conseil des ministres, le porte-parole du gouvernement Amadou Coulibaly a indiqué que la Côte d’Ivoire rejoint la condamnation formulée par la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) et l’Union africaine. Selon lui, en tant qu’État membre de ces organisations, Abidjan ne se démarque pas de leurs prises de position sur les attaques qui ont visé plusieurs localités maliennes.
Les instances régionales et continentales ont notamment dénoncé des frappes et actions armées dirigées contre des villes telles que Kidal, Bamako, Gao et Kati, parmi d’autres localités. La prise de position ivoirienne rappelle ces condamnations tout en précisant que toute aide extérieure nécessiterait une demande explicite des autorités maliennes.
Position officielle d’Abidjan et mesures pratiques
Interrogé sur la possibilité d’un soutien concret de la Côte d’Ivoire au Mali, le porte-parole a précisé que toute intervention bilatérale dépendrait d’une sollicitation formelle de Bamako. Il a également évoqué le précédent de 2012 lorsque, en sa qualité de président en exercice de la CEDEAO, le chef de l’État Alassane Ouattara avait mené des démarches diplomatiques. La question d’un engagement via la Force en attente de la CEDEAO a été présentée comme une option collective plutôt que comme une initiative nationale unilatérale.
Sur le plan intérieur, les autorités ivoiriennes assurent avoir renforcé la surveillance et la protection de leurs frontières terrestres depuis l’escalade des violences dans la région sahélo-saharienne. Le gouvernement estime que le dispositif actuel demeure « suffisamment vigoureux » pour prévenir d’éventuelles infiltrations ou incidents transfrontaliers, sans toutefois détailler l’ensemble des moyens mobilisés.
La perspective d’un nouveau mouvement de populations a été évoquée explicitement : Abidjan anticipe un possible afflux de demandeurs d’asile et se dit prête à gérer des arrivées supplémentaires. En juillet 2025, près de 1 500 Maliens auraient obtenu officiellement le statut de réfugié en Côte d’Ivoire. Les autorités rappellent que le pays poursuit une politique d’accueil en faveur des civils fuyant les violences et les groupes armés.
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