Côte d’Ivoire : Alassane Ouattara supprime douze districts autonomes créés en 2021
Le président de la République, Alassane Ouattara, a abrogé en mars 2026 le dispositif des douze districts autonomes créés en 2021, ne conservant que ceux d’Abidjan et de Yamoussoukro ; la mesure, officialisée par le décret n°2026-05/2 qui supprime le décret n°2021-276 du 9 juin 2021, a été rendue publique via une fuite sur les réseaux sociaux le 18 mars 2026. Deux ministres-gouverneurs ont été reconduits à leurs fonctions, tandis que les titulaires des autres postes ont perdu leur mandat, suscitant réactions et débats dans l’espace public.

Le texte abrogeant la création des douze districts autonomes n’a pas été communiqué par voie classique à la population avant sa diffusion en ligne ; il confirme pourtant la suppression de ces entités administratives mises en place il y a cinq ans. Les observateurs notent que la décision intervient après plusieurs années d’évaluations et de contestations politiques et financières autour de ces structures.
Selon les premières indications, seuls les districts d’Abidjan et de Yamoussoukro sont maintenus, confiés respectivement à Cissé Bacongo et à Augustin Thiam. Les autres ministres-gouverneurs ont quitté leurs fonctions et le personnel affecté aux districts concernés doit être réaffecté au sein d’autres services administratifs locaux et régionaux.
Fonctions, critiques financières et redéploiement du personnel
À l’origine, la création des districts autonomes visait à renforcer la représentation du chef de l’État sur le territoire national : les ministres-gouverneurs étaient chargés de représenter le président dans leurs zones, de coordonner la mise en œuvre des politiques nationales et d’assurer un suivi des actions de l’exécutif au niveau territorial. Dans les faits, cette mission de représentation et de coordination a été au centre des discussions sur l’utilité et l’efficience de ces structures.
Des voix politiques, parmi lesquelles l’ancien député et maire de Tiassalé Antoine Assalé Tiemoko, ont fermement critiqué l’existence de ces districts, estimant qu’ils ont consommé des ressources publiques sans résultats tangibles. M. Assalé a avancé un chiffrage, évaluant à environ 60 milliards de francs CFA les dépenses liées au fonctionnement de ces entités sur une période de cinq ans, et a qualifié ces structures de « budgetivores » dans ses prises de parole publiques.
Les rapports officiels de gestion financière et comptable consultés par des acteurs publics et privés montrent que l’État a engagé des montants significatifs pour assurer le fonctionnement administratif et opérationnel de ces districts. Ces documents, publiés périodiquement par les services compétents, détaillent des dépenses de fonctionnement et d’investissement imputées aux différents niveaux territoriaux.
La suppression opérée par le décret n°2026-05/2 entraîne des conséquences administratives immédiates : au-delà de la révocation des ministres-gouverneurs concernés, le texte prévoit le redéploiement du personnel engagé dans le fonctionnement de ces districts vers d’autres services administratifs locaux et régionaux
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