Centrafrique : Badoua, la jeunesse mobilisée face à l’insécurité

Baboua, petite cité diamantifère située à quelque cinquante kilomètres du poste-frontière camerounais, tente de se relever après les violences qui ont marqué la région entre 2013 et 2016. Longtemps délaissée, démunie d’infrastructures et exposée à l’insécurité, la ville paraît aujourd’hui traverser une phase de reconstruction marquée par une reprise progressive des activités quotidiennes.

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Centrafrique : Badoua, la jeunesse mobilisée face à l’insécurité
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Baboua, petite cité diamantifère située à quelque cinquante kilomètres du poste-frontière camerounais, tente de se relever après les violences qui ont marqué la région entre 2013 et 2016. Longtemps délaissée, démunie d’infrastructures et exposée à l’insécurité, la ville paraît aujourd’hui traverser une phase de reconstruction marquée par une reprise progressive des activités quotidiennes.

Cette embellie tient en grande partie à une mobilisation locale : des jeunes, coordonnés avec les chefs de village et les forces de l’ordre, se sont organisés pour contenir le grand banditisme. Résultat : les axes routiers rejoignant la frontière sont devenus plus sûrs et les agriculteurs ainsi que les commerçants retrouvent peu à peu les conditions pour travailler sans craindre les attaques.

Notre envoyé spécial, revenu récemment de Baboua, décrit des matinées enveloppées de brume et une atmosphère fraîche. Sur les pistes, on croise des habitants comme Florentin, qui parcourt quotidiennement la périphérie ; chargé d’un petit sac de ravitaillement, il utilise parfois un dispositif artisanal pour capter le réseau et transmettre des informations recueillies sur le terrain.

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Ces patrouilles citoyennes explorent les champs et les secteurs isolés à la recherche d’anomalies : inconnus installés dans un secteur, présences d’éléments armés, ou comportements suspects. Depuis le désarmement opéré en octobre dernier dans le cadre de l’accord de paix de Ndjamena, les attaques massives ont diminué dans l’agglomération. Toutefois, certains ex-combattants ont choisi de se transformer en coupeurs de route.

La peur gagne du terrain autour des chantiers miniers

Aux abords des sites d’extraction, la tension reste palpable. Privât, un habitant de la localité, rapporte que de nombreux individus armés rôdent autour des travaux miniers et commettent des braquages, plongeant la population dans l’angoisse. Face à ces dérives, les jeunes volontaires se sont donné pour mission de lutter, chacun à sa façon, contre les vols à main armée, les assassinats et les enlèvements.

Cette dynamique citoyenne n’est pas sans coût. Anselme, cultivateur, confie son inquiétude pour son fils, régulièrement la cible de menaces : malgré tout, l’adolescent continue d’aller en classe. Le père, effrayé par la répétition des intimidations, se dit déterminé à voir ces agissements disparaître après tant de souffrances endurées par la communauté.

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Les autorités locales, de leur côté, se sont rapprochées de ces groupes de jeunes pour restaurer l’ordre. Le sous-préfet de Bouar, Jean Michel Bouaka, précise que la plupart de ces auteurs ne constituent pas des formations rebelles structurées : il s’agit souvent de jeunes munis d’armes artisanales qui profitent des déplacements des personnes pour les dépouiller. Pour faire face, l’État peut compter sur les Forces armées centrafricaines, la gendarmerie, la police, la Minusca et des alliés étrangers présents sur le terrain.

Nombre des volontaires engagés dans ces actions locales nourrissent aujourd’hui l’ambition d’intégrer officiellement les rangs des Forces armées centrafricaines, afin de contribuer durablement à la sécurisation de leur région.

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