Cameroun : les États-Unis attaquent l’OMC au premier jour de sa conférence ministérielle
La conférence ministérielle de l’Organisation mondiale du commerce a été lancée à Yaoundé le jeudi 26 mars 2026, dans un climat électrique où des critiques publiques ont accueilli l’ouverture des débats.

La directrice générale de l’OMC a alerté sur la gravité de la situation : selon elle, les perturbations qui affectent les échanges internationaux n’avaient pas atteint un tel niveau depuis près de huit décennies.
En toile de fond de ces travaux figurent la progression des mesures protectionnistes et les répercussions de la guerre au Moyen-Orient, facteurs qui pèsent fortement sur les perspectives du commerce mondial.
À l’ouverture, la délégation américaine a violement ciblé l’institution, tandis que Pékin a pris une position opposée, défendant le rôle de l’OMC et appelant les États à rejeter l’unilatéralisme et le protectionnisme.
Remise en cause du fonctionnement de l’organisation et demandes de réforme
Sur place, le représentant au commerce des États-Unis, Jamieson Greer, a accusé l’OMC d’avoir participé à la création de déséquilibres durables et a estimé que l’institution peinait à traiter certains enjeux structurels majeurs.
Greer a plaidé pour une refonte du mode de décision actuel — fondé sur le consensus des 166 membres — afin de rendre l’OMC plus réactive et capable de produire des résultats concrets pour les relations commerciales entre pays.
Du côté camerounais, le ministre du Commerce Luc Magloire Mbarga Atangana a soutenu la nécessité de restaurer la confiance dans le système multilatéral, tandis que les ministres de l’Union européenne, réunis en marge, ont affirmé leur attachement à un cadre commercial ouvert, équitable et régi par des règles, tout en se disant prêts à moderniser l’organisation pour éviter qu’elle ne perde de son influence.
Les discussions se poursuivent à Yaoundé jusqu’au dimanche 29 mars 2026, avec pour objectif de tenter de redonner de l’élan à une institution fragilisée par les tensions géopolitiques, les blocages des négociations et la montée du protectionnisme, dans un contexte où les conflits internationaux menacent la fluidité des échanges.
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