Burkina Faso, Mali et Niger font appel à la Russie pour lancer le premier satellite télécom partagé du Sahel
Un projet de satellite de télécommunications porté par l’Alliance des États du Sahel (AES) rassemble le Burkina Faso, le Mali et le Niger autour d’un dispositif destiné à améliorer la couverture internet, les communications gouvernementales et la coordination sécuritaire dans une vaste zone peu desservie. Selon des sources citées par Business Insider Africa, l’initiative est mise en œuvre en collaboration avec des partenaires russes, dont Roscosmos, et vise à mutualiser des capacités spatiales pour répondre aux besoins conjoints du bloc.

Un projet de satellite de télécommunications porté par l’Alliance des États du Sahel (AES) rassemble le Burkina Faso, le Mali et le Niger autour d’un dispositif destiné à améliorer la couverture internet, les communications gouvernementales et la coordination sécuritaire dans une vaste zone peu desservie. Selon des sources citées par Business Insider Africa, l’initiative est mise en œuvre en collaboration avec des partenaires russes, dont Roscosmos, et vise à mutualiser des capacités spatiales pour répondre aux besoins conjoints du bloc.
Les autorités des trois pays présentent le dossier comme une réponse technique aux lacunes structurelles du Sahel en matière d’infrastructures numériques. Le recours à un satellite est motivé par les contraintes géographiques — étendues territoriales et faible densité de population — et par le coût élevé du déploiement et de l’entretien de réseaux terrestres, notamment de fibres optiques.
Le projet, tel que décrit par des responsables, inclut des usages civils (accès à internet, paiements mobiles, e‑commerce, enseignement à distance, télémédecine) ainsi que des applications pour la communication institutionnelle, la coordination en cas de catastrophe et le soutien aux opérations de sécurité. Ces fonctions sont présentées comme des composantes techniques destinées à améliorer la résilience opérationnelle des administrations et des services essentiels.
Enjeux économiques, sécuritaires et géopolitiques
Sur le plan économique, la mise en commun d’un satellite s’inscrit dans une logique d’économies d’échelle : au lieu de financer séparément des infrastructures nationales coûteuses, les trois États cherchent à mutualiser un actif stratégique. Des économistes interrogés par des médias internationaux rappellent que l’amélioration de la connectivité réduit les coûts de transaction, facilite l’accès aux marchés et peut augmenter la productivité des petites entreprises, des agriculteurs et des prestataires de services.
Pour des économies enclavées comme celles du Burkina Faso, du Mali et du Niger, la connexion numérique est également présentée comme un moyen de compenser certains désavantages géographiques en reliant les marchés locaux aux chaînes de valeur régionales et internationales. Le projet est comparé à d’autres formes d’intégration régionale, telles que les pools énergétiques ou les corridors de transport, où le partage d’infrastructures est privilégié.
La dimension sécuritaire figure au premier plan des arguments officiels. Les autorités expliquent que des communications spatiales améliorées peuvent réduire les délais de réaction en situation de crise, renforcer la connaissance de la situation sur le terrain et faciliter la gestion administrative des urgences. Dans une région marquée par l’insécurité persistante, les observateurs notent que la qualité des liaisons influence les capacités de coordination inter‑institutions.
L’Alliance des États du Sahel, créée en 2023 après la sortie de ces trois pays de la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO), a orienté sa diplomatie vers des partenaires extérieurs alternatifs. Les responsables cités font état d’un partenariat avec des acteurs russes prêts à fournir technologie, financement et accompagnement sans imposer les mêmes conditions de gouvernance que certains partenaires occidentaux.
Des analystes rappellent néanmoins les risques associés à une dépendance accrue à un unique fournisseur externe : exposition géopolitique, contraintes commerciales et enjeux de gouvernance sur le long terme. Le succès économique du projet est lié, selon des experts, à la mise en place de montages financiers transparents, de modèles d’exploitation durables et au maintien d’un contrôle effectif des États membres sur l’actif
