Burkina Faso : Le Premier ministre précise que la réconciliation vise la cohésion sociale, pas la politique
Le Premier ministre Rimtalba Jean Emmanuel Ouédraogo a présenté, le 30 janvier 2026 devant la Représentation nationale, son Exposé sur la situation de la Nation, centrant son intervention sur la réconciliation nationale et la restauration du lien social au Burkina Faso. L’exercice a servi à dresser le bilan de l’action gouvernementale et à préciser la vision de l’exécutif : une démarche visant prioritairement à réparer les fractures sociales plutôt qu’à réarranger l’échiquier politique.

Le Premier ministre Rimtalba Jean Emmanuel Ouédraogo a présenté, le 30 janvier 2026 devant la Représentation nationale, son Exposé sur la situation de la Nation, centrant son intervention sur la réconciliation nationale et la restauration du lien social au Burkina Faso. L’exercice a servi à dresser le bilan de l’action gouvernementale et à préciser la vision de l’exécutif : une démarche visant prioritairement à réparer les fractures sociales plutôt qu’à réarranger l’échiquier politique.
Dans son allocution, le chef du gouvernement a tenu à dissocier nettement la notion de réconciliation sociale de toute logique de marchandage ou de recomposition partisane. Selon lui, les précédentes tentatives de « réconciliation » se sont fréquemment limitées à des négociations autour du partage du pouvoir, sans apporter de solutions durables aux tensions communautaires et aux conflits locaux.
Le Premier ministre a expliqué que les lignes de fracture observées dans le pays ne se réduisent pas à des différends politiques : elles s’entrecroisent avec des clivages communautaires, des tensions au sein des chefferies traditionnelles et des conflits sociaux. L’objectif affiché de l’exécutif est donc de restaurer la confiance entre communautés et de revitaliser les mécanismes endogènes de résolution des conflits.
Un référentiel unique de cohésion sociale et une approche de terrain
Pour traduire cette ambition en actions concrètes, le gouvernement a lancé l’élaboration d’un référentiel unique de cohésion sociale. Ce document-cadre vise à promouvoir des valeurs telles que le patriotisme, l’intégrité et la coexistence pacifique, et doit orienter des campagnes de sensibilisation, des mobilisations communautaires et des initiatives économiques ciblées destinées à réduire les fractures sociales.
Les autorités précisent que la démarche s’appuie sur les traditions locales et les institutions coutumières : chefs traditionnels, leaders religieux et acteurs sectoriels seront associés à l’identification et à la mise en œuvre des mesures. L’exécutif entend s’appuyer sur ces ressources endogènes pour favoriser le dialogue interculturel et réhabiliter des pratiques locales de règlement des différends.
Sur le plan opérationnel, les actions prévues incluent des programmes de mobilisation sociale, des dispositifs de promotion de la paix et des projets économiques répondant aux besoins des communautés. L’idée retenue est de favoriser des réponses adaptées aux réalités locales plutôt que des formules uniformes imposées depuis les centres décisionnels.
Le gouvernement a également clarifié sa position vis-à-vis de l’engagement politique : il n’accuse pas l’engagement citoyen en lui-même, mais rejette toute instrumentalisation partisane du processus de réconciliation. Selon les services de la primature, il est possible de servir l’intérêt général sans être affilié à un parti.
Enfin, et de façon explicite, aucune assise nationale ou forum politique n’est prévu dans le cadre de cette stratégie ; la priorité est donnée à une mise en œuvre sur le terrain, durable et inclusive.
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