Burkina Faso : la Commission PPP valide 39 projets mûrs
La Commission nationale des Partenariats public‑privé (PPP) s’est réunie en session ordinaire le 23 mars 2026 à Ouagadougou, présidée par le Premier ministre Rimtalba Jean Emmanuel Ouédraogo, et a validé un programme de 86 projets PPP (39 projets mûrs et 47 en maturation) pour un coût global estimé à 9 000 milliards de F CFA et des maturités comprises entre 15 et 30 ans ; le dossier doit être présenté à l’Assemblée générale du Conseil présidentiel d’orientation et de suivi (CPOS) dans les jours à venir.

Les travaux ont porté sur le rapport de mise en œuvre du programme 2025 et sur la planification pour 2026. Le Bureau national des grands projets (BN‑GPB), représenté par son directeur exécutif, le professeur Hamidou Sawadogo, a rappelé que le Burkina Faso avait adopté en 2025 vingt‑sept projets PPP considérés comme mûrs, pour un montant total de 6 529 milliards de F CFA répartis entre dix départements ministériels.
Sur le plan de l’exécution des projets PPP engagés depuis la signature du premier contrat en 2015, le BN‑GPB a fourni des indicateurs : sur 24 projets recensés, le taux moyen d’exécution physique s’élevait à 29,97% au 31 décembre 2025, tandis que le taux moyen d’exécution financière atteignait 10,99% à la même date.
Orientations, secteurs prioritaires et contraintes identifiées
Le programme 2026 couvre des initiatives « d’envergure » dans des secteurs qualifiés de stratégiques par les autorités : infrastructures, énergie, agriculture, éducation et santé, selon les éléments présentés par le BN‑GPB. Ces projets s’inscrivent dans le volet investissement du nouveau référentiel national de développement, le Plan RELANCE, et mettent l’accent sur la mobilisation d’investisseurs nationaux, les partenaires internationaux devant intervenir en complément.
Lors de la séance, les participants ont discuté des modalités de financement et de la durée des contrats, avec des hypothèses de maturité variant de 15 à 30 ans. Le chiffrage global communiqué par le BN‑GPB situe l’ensemble du programme 2026 à environ 9 000 milliards de F CFA, montant qui couvre à la fois les projets prêts à l’appel d’offres et ceux en phase de maturation.
Les débats ont également mis en lumière plusieurs freins récurrents à la mise en œuvre des PPP. Parmi les difficultés évoquées figurent la non‑transmission dans les délais des offres techniques et financières par certains ministères, des insuffisances de gestion au niveau sectoriel, l’absence de cellules PPP dans plusieurs départements, le manque d’évaluations préalables nécessaires pour justifier l’option PPP, ainsi que l’insuffisance de financements dédiés à la maturation des projets.
Le Premier ministre a rappelé la nécessité de passer de la planification à « l’action visible », en insistant sur le rôle du partenariat public‑privé comme levier pour combler le déficit d’infrastructures et soutenir la croissance dans un contexte économique mondial difficile, et a souligné l’attention portée à la conception, au financement et à la gestion performante des infrastructures structurantes
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