Bénin: les défis qui attendent la dixième législature totalement homogène
À l’issue des élections législatives du 11 janvier 2026, l’Assemblée nationale du Bénin va se renouveler d’ici quelques semaines. La 10ᵉ législature va s’installer dans un contexte politique marqué par de fortes attentes institutionnelles et des défis multiples.

À l’issue des élections législatives du 11 janvier 2026, l’Assemblée nationale du Bénin va se renouveler d’ici quelques semaines. La 10ᵉ législature va s’installer dans un contexte politique marqué par de fortes attentes institutionnelles et des défis multiples.
Le scrutin, qui a donné une majorité claire aux partis soutenant le gouvernement actuel, confère à ce parlement un rôle central dans la prochaine période politique et institutionnelle du pays.
La configuration parlementaire qui en résulte, largement dominée par les partis de la mouvance présidentielle, place l’institution au cœur d’un moment décisif pour la gouvernance démocratique du Bénin.
Au-delà de la répartition des sièges, c’est la capacité du Parlement à assumer pleinement ses fonctions constitutionnelles qui est désormais attendue.
L’Assemblée nationale est appelée à légiférer avec efficacité, mais aussi à exercer un contrôle crédible et rigoureux de l’action gouvernementale. Cette double mission constitue le premier test de maturité de la nouvelle mandature.
La question du travail législatif s’impose d’emblée. Les prochaines années devront être marquées par l’examen de textes structurants, touchant à l’économie, à la gouvernance locale, à la justice sociale et à la modernisation de l’État.
Dans ce cadre, la discipline de la majorité ne saurait se substituer à la qualité du débat parlementaire. La solidité des lois votées dépendra de la capacité des députés à dépasser les automatismes partisans pour privilégier l’intérêt général.
Un autre enjeu central concerne le rôle de contre-poids institutionnel de l’Assemblée. Dans un paysage politique peu pluraliste au sein de l’hémicycle, la tentation d’un parlement d’accompagnement est réelle. Or, le contrôle de l’exécutif, l’évaluation des politiques publiques et la reddition des comptes constituent des piliers indispensables de l’État de droit. La crédibilité de la dixième législature se mesurera à sa volonté de ne pas renoncer à ces prérogatives.
La question de la représentativité demeure également en toile de fond. Le taux de participation relativement faible enregistré lors du scrutin interpelle sur le lien entre les citoyens et leurs représentants. La dixième législature devra s’attacher à retisser ce lien, notamment par un travail parlementaire plus visible, une présence accrue sur le terrain et une meilleure pédagogie de l’action législative.
Enfin, le renouvellement partiel de l’hémicycle, avec l’arrivée de nouveaux profils aux côtés de figures expérimentées, offre une opportunité de recomposition des pratiques parlementaires. Encore faut-il que cette diversité se traduise par une montée en compétence collective et une culture institutionnelle fondée sur la rigueur, la transparence et la responsabilité.
La dixième législature s’avance ainsi sur une ligne étroite. Elle dispose d’une majorité confortable, mais cette force numérique constitue aussi une épreuve. Car dans une démocratie, le pouvoir législatif ne se juge pas à sa docilité, mais à sa capacité à produire du droit solide, à contrôler sans complaisance et à représenter fidèlement la Nation.
La réforme constitutionnelle adoptée en 2025, qui change la durée des mandats et introduit par ailleurs des éléments nouveaux dans l’équilibre des institutions, ajoute une dimension supplémentaire aux obligations de la 10ᵉ législature. Le Parlement devra s’investir dans les ajustements et les clarifications nécessaires pour assurer la cohérence du dispositif institutionnel et répondre aux aspirations des acteurs politiques et de la société civile.
L’autre défi de la dixième législature est de dépoussiérer les propositions de lois portant amnistie générale des prisonniers politiques tels que Joël Aïvo, Reckya Madougou et consort ainsi que le retour des exilés, la trêve politique étant activée.
L’ensemble de ces défis souligne l’importance d’un dialogue constructif entre les partis politiques, les institutions de l’État et la société civile afin de faire de cette nouvelle législature un vecteur de stabilité, de croissance et de renforcement démocratique au Bénin.
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