Bénin : les confidences d’un proche de Hugues Sossoukpè sur ses conditions de détention
Près d’un an après son arrestation en Côte d’Ivoire puis son transfert vers le Bénin, le journaliste béninois Hugues Comlan Sossoukpè demeure détenu à la prison civile de Ouidah. L’un de ses proches, cité par L’Alternative, s’inquiète de ses conditions de détention et évoque un régime marqué par de fortes restrictions.

Directeur du média en ligne Olofofo.info, Hugues Comlan Sossoukpè vivait en exil au Togo, où il bénéficiait du statut de réfugié. Son média, connu pour ses publications critiques envers le pouvoir de Patrice Talon, avait été interdit au Bénin. Le journaliste avait notamment documenté et critiqué les élections législatives de 2019, organisées sans les principaux partis d’opposition.
Son arrestation remonte à juillet 2025. Invité en Côte d’Ivoire pour couvrir la première édition de l’Ivoire Tech Forum, prévue du 9 au 11 juillet, Hugues Sossoukpè a été interpellé à Abidjan dans son hôtel avant d’être transféré vers Cotonou. Des organisations de défense de la presse et des droits humains ont dénoncé les conditions de cette opération, estimant qu’elle n’avait pas respecté les garanties liées à son statut de réfugié.
Une fois au Bénin, le journaliste a été placé en détention à la prison civile de Ouidah. Selon les informations rapportées par L’Alternative, il est poursuivi pour harcèlement par le biais d’un système informatique, rébellion et apologie du terrorisme. Mais, près d’un an après son arrestation, ses proches déplorent l’absence de jugement et disent ne constater aucune avancée visible dans le dossier.
D’après le proche cité par le journal, Hugues Sossoukpè a d’abord été soumis à une période d’isolement strict. Pendant plusieurs mois, il n’aurait pas eu accès à ses proches ni à ses avocats. Cet isolement aurait pris fin en janvier dernier, mais ses conditions de détention resteraient très encadrées.
Le proche évoque des « conditions de réclusion criminelle ». Selon son témoignage, le journaliste ne sortirait dans la cour que trois fois par semaine pour se dégourdir les jambes. Les visites seraient également très limitées. Le parent affirme ne pouvoir le voir qu’une fois par semaine, pour un échange de quelques minutes seulement.
Juste mes droits
Malgré ces restrictions, Hugues Sossoukpè tenterait de tenir moralement. « Hugues tient le coup », confie son proche, qui souligne que le journaliste prie beaucoup et évite de se plaindre. Il ne demanderait pas de traitement particulier, mais souhaiterait que « ses droits en tant que détenu d’opinion soient respectés ».
Le même proche décrit un homme discret, peu porté à exposer ses souffrances. Selon lui, Hugues Sossoukpè parle peu de son état d’esprit et préfère rassurer son entourage. Lorsqu’on l’interroge sur sa situation, il répondrait simplement : « ça va ou ça ira ».
Pour ses proches, cette attitude traduit une volonté de faire face avec dignité. Ils affirment toutefois rester préoccupés par la durée de sa détention provisoire et par le manque de visibilité sur la suite de la procédure. À leurs yeux, le dossier semble figé, alors que le journaliste reste privé de liberté depuis bientôt un an.
Notons que Reporters sans frontières avait déjà dénoncé son arrestation et son transfert vers le Bénin, tandis que la FIDH et l’OMCT avaient qualifié l’opération d’enlèvement et de détention arbitraire. Les proches du journaliste, eux, demandent surtout que ses droits soient respectés et que sa situation judiciaire soit clarifiée.
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