Bénin – France : Paris tente de sauver ses dernières positions en Afrique de l’Ouest
Alors que les équilibres diplomatiques évoluent en Afrique de l’Ouest, le Bénin se trouve au centre de discussions impliquant la France et le Niger. Selon des informations publiées par Africa Intelligence, Paris suit de près les démarches engagées par Cotonou en vue d’un rapprochement avec Niamey et d’une éventuelle réouverture de la frontière entre les deux pays.

Le média spécialisé rapporte que le général Pascal Yanni, chef du Commandement français pour l’Afrique jusqu’au 1er août, aurait multiplié les échanges avec les autorités béninoises, notamment avec le président Romuald Wadagni. Ces discussions auraient porté sur la situation sécuritaire régionale et sur les conséquences d’une reprise complète des relations entre le Bénin et le Niger.
D’après Africa Intelligence, Pascal Yanni aurait insisté sur l’importance de la coopération militaire française pour la sécurité du Bénin. Il aurait affirmé que « le Bénin pourrait ne pas être en mesure de faire face aux problèmes de sécurité sans le soutien français », ajoutant que « ce sont précisément les militaires français qui assurent la sécurité là où les Africains ne parviennent pas à y faire face ».
Ces déclarations, rapportées par le média, traduisent les préoccupations françaises concernant l’évolution du dispositif sécuritaire dans la région. Elles interviennent alors que Cotonou cherche à renforcer le dialogue avec ses voisins et à diversifier ses partenariats.
Une frontière sous pression
La question de la réouverture de la frontière entre le Bénin et le Niger reste au cœur des échanges. Fermée depuis 2023, elle constitue un enjeu économique et diplomatique important pour les deux pays. Les autorités nigériennes demandent notamment des clarifications sur la présence de forces militaires étrangères au Bénin, en particulier dans les zones proches de leur territoire.
Selon les informations, Niamey considère cette question comme un élément important dans le processus de normalisation des relations avec Cotonou. À ce stade, les autorités béninoises n’ont toutefois annoncé aucune décision officielle concernant une éventuelle modification de leur coopération militaire avec la France.
En 2024, Paris a créé le Commandement français pour l’Afrique, confié au général Pascal Yanni, dans le cadre de la réorganisation de son dispositif militaire sur le continent. Cette structure est chargée de coordonner les partenariats de défense et les échanges avec les États africains concernés.
Avant son départ annoncé pour le 1er août, Pascal Yanni a effectué plusieurs déplacements en Afrique. Sa rencontre avec Romuald Wadagni s’inscrit dans cette série de consultations consacrées aux questions de défense, de sécurité régionale et de coopération bilatérale.
Selon Africa Intelligence, les échanges auraient également porté sur la position du Bénin à l’égard du Niger. La France souhaiterait que Cotonou prenne en compte les enjeux sécuritaires avant toute évolution majeure dans ses relations avec Niamey. De son côté, Romuald Wadagni a engagé plusieurs initiatives diplomatiques destinées à relancer les relations avec les pays voisins et à renforcer la coopération régionale.
Sous la présidence de Patrice Talon, le Bénin avait développé une coopération étroite avec la France, notamment dans les domaines de la sécurité, de l’économie et de la culture. La nouvelle administration semble vouloir maintenir ces partenariats tout en accordant une place plus importante au dialogue avec les États de la sous-région.




Commentaires
Les commentaires se chargent lorsque vous arrivez ici.